Au delà du mur de la lumière, la conscience et la mort

Nouveau modèle de conscience superlumineuse

Régis et Brigitte Dutheil

 

 

Tant que la réalité matérielle de l'esprit n'aura pas été démontrée, personne ne pourra trancher le débat qui oppose philosophies matérialistes et philosophies spiritualistes. Affirmer comme Platon que la réalité qui nous entoure n'est qu'illusion et reflet atténué d'une réalité fondamentale qui se situe ailleurs est séduisant mais ne repose sur aucune preuve.

C'est pourquoi la science s'est toujours montrée sceptique à l'égard de la réalité de l'esprit ou de la conscience.En cette fin du XXe siècle, l'esprit n'est plus l'affaire de la religion ou de la philosophie mais bien de la science.La mort a suivi une évolution comparable. Les hommes de science et les médecins sont les pionniers de cette nouvelle frontière.

La théorie de la relativité et la mécanique quantique ont successivement sapé les bases de la réalité. La relativité a en effet ébranlé les concepts de temps et d'espace qui, de stables, deviennent relatifs. La mécanique quantique remet en question la notion d'objet puisque la matière peut apparaître tantôt sous la forme de particules, tantôt sous la forme d'ondes (principe de complémentarité). Le principe de causalité est également ébranlé. Enfin le concept même de réalité ne résiste pas à l'examen dans le domaine micro-physique. Il vaudrait mieux parler de niveaux de réalité.

Si la réalité matérielle que nous appréhendons chaque jour n'est qu'illusion , il faut donc chercher ailleurs. Il est en fait possible de faire une théorie de la relativité superlumineuse sans contredire Einstein. Les deux univers sous-lumineux et superlumineux sont symétriques : isomorphisme des groupes de Lorentz permettant de dégager la même situation abstraite à travers des réalisations physiques pouvant être très différentes.

Dans l'univers sous-lumineux, le temps propre est le temps réel vécu le long de la ligne d'univers par un observateur. Cet axe de temps propre (notre ligne d'univers) lui est inaccessible et il ne peut mesurer le temps que par un déplacement dans l'espace à trois dimensions (c'est-à-dire le temps cinématique) à l'aide d'une horloge pour ensuite reporter cette mesure sur son axe de temps propre qui est sa ligne d'univers. Par suite de cette identification, axe de temps propre et axe de temps cinématique sont confondus ; ce qui provoque pour nous l'impression que le temps s'écoule, qu'il y a un passé, un présent et un futur. Au contraire, dans l'espace-temps superlumineux l'axe de temps propre et celui de temps cinématique sont dissociés. L'axe de temps propre sera alors confondu avec celui d'espace. Le temps ne s'écoule plus. Il n'y a plus ni passé, ni présent, ni futur, et un observateur superlumineux aura une connaissance instantanée de tous les points événements de sa ligne d'univers.

Le concept de réalité est devenu multiforme, la notion de conscience a évolué parallèlement et se retrouve au premier plan des préoccupations des physiciens (la mécanique quantique fait de la conscience de l'expérimentateur une donnée essentielle de l'expérience).

Or, l'appréhension de la réalité s'effectuant par le biais de la sensation et de la conscience, il nous a semblé que l'existence des tachyons, qui impliquait un bouleversement de la réalité, devait nous amener à définir autrement la conscience.

Il convient en effet de dépasser le vieux conflit matière/esprit et monde visible/monde invisible.

Nous posons donc en principe la réalité matérielle de la conscience. Mais la matière dont est formée la conscience est une matière superlumineuse. La conscience est donc formée de tachyons, d'un champ de tachyons situé au-delà du mur de la lumière et associé à un espace-temps superlumineux dont les propriétés sont, nous l'avons vu, différentes de celles de l'espace-temps sous-lumineux que nous connaissons. Selon nous, notre conscience formée d'un champ de particules superlumineuses et située dans un espace-temps superlumineux se projetterait sous forme d'hologrammes dans notre univers sous-lumineux. Le cortex cérébral, à l'interface des deux espaces-temps, ne serait qu'une machine que la conscience, matière superlumineuse ferait fonctionner, à l'aide de signaux physiques transformés en hologrammes. L'espace-temps superlumineux possédant des propriétés particulières, entre autres le non-écoulement du temps, la conscience-matière superlumineuse bénéficie automatiquement de ces mêmes propriétés. Dans l'espace-temps de la conscience, les concepts de passé, présent et futur n'existeraient plus ainsi que notre concept de durée lié à l'écoulement du temps. Il y aurait instantanéité absolue et tous les événements d'une vie pourraient être appréhendés en même temps par la conscience superlumineuse. Mais le cerveau situé à l'interface des deux espaces-temps filtrerait les informations venant de la conscience superlumineuse et n'en retiendrait qu'une partie, pauvre en significations et organisée suivant l'ordre causal induit par l'écoulement du temps.

Les deux autres propriétés essentielles de la conscience superlumineuse sont liées au non-écoulement du temps. Tout d'abord, la causalité stricte n'existe plus dans l'univers de la conscience. Toute destinée humaine est une suite de séquences causales arrangées sous forme d'événements allant du passé vers le futur. Tous ces événements se retrouvent dans l'espace-temps superlumineux de la conscience, mais ils se présentent sous forme d'informations arrangées suivant une loi de signification et d'affinité. Il existe une vision instantanée et non causale des événements avec une évolution vers un état d'information et de signification maximales.

Ensuite, et c'est le corollaire de la précédente affirmation, la matière superlumineuse, et donc la conscience, est néguentropique, c'est-à-dire que le désordre y diminue constamment et que l'ordre et l'information y croissent constamment. Notre univers sous-lumineux n'est qu'un reflet méconnaissable et soumis à la dégradation entropique (le désordre augmente) corrélée à l'écoulement du temps.

La prochaine conquête de la science sera non plus la traversée du mur du son mais celle du mur de la lumière.

Vraisemblablement, il faudra de très longues années, de multiples expériences et un appareillage très sophistiqué pour y parvenir par les voies rationnelles de l'expérimentation scientifique. Mais, tous les jours, les hommes franchissent sans le savoir ce mur de la lumière.

Extases mystiques, rêves prémonitoires, télépathie, voyance, télékinésie nous permettent en effet de franchir ce mur de la lumière et d'accéder directement au monde de la conscience totale superlumineuse. Il est temps que le monde scientifique cesse de nier avec fanatisme les manifestations de la conscience qui, depuis l'origine de l'homme, ont existé et font partie intégrante de ses dons et de ses aptitudes. Ces dons ont été cultivés par les primitifs, puis peu à peu mis en sommeil au fil de l'édification des diverses civilisations. N'étant pas cultivés méthodiquement, ils ne se manifestent plus que chez certains individus et de manière anarchique, suscitent inquiétude et étonnement chez ceux qui n'en sont pas l'objet.

Or, puisque tout corps matériel (formé de matière superlumineuse) a des qualités précises (résistance, poids, étendue), pourquoi la conscience (formée de matière superlumineuse) ne se caractériserait-elle pas par des qualités telles que prémonition, télépathie et télékinésie ?

Nous avons vu que l'univers superlumineux de la conscience se caractérisait par l'absence d'écoulement du temps et l'instantanéité de la connaissance des événements d'une vie. Si certains individus, par suite d'un défaut du système de filtre de leur cerveau, accèdent plus largement et plus fréquemment au domaine de la conscience, ils peuvent dès lors en retirer des informations en temps nul sur leur avenir ou celui d'autrui (voyance, télépathie). D'autre part, si la conscience est formée de particules matérielles superlumineuses, pourquoi ne pourrait-elle pas agir matériellement sur des objets du monde matériel qui nous entoure (télékinésie) ?

Ainsi, de nombreux individus ont fait, font ou feront l'expérience du passage du mur de la lumière.

Mais il existe un autre moyen de franchir le mur de la lumière que nous expérimentons tous sans exception : c'est la mort.

Puisque la conscience est formée de matière tachyonnique superlumineuse et qu'elle est associée à un espace-temps superlumineux où le temps ne s'écoule plus et où le désordre diminue constamment, elle doit continuer à " exister " après la mort du corps physique qui n'est qu'un hologramme sous-lumineux. Tout se passerait au moment de la mort comme s'il y avait passage de la conscience partielle souslumineuse à travers le mur de la lumière pour rejoindre la conscience totale superlumineuse.

La conscience cherche à se fondre dans l'univers superlumineux, mais cette pénétration ne peut se faire qu'à partir d'un échange d'informations. Si pour une raison quelconque, la conscience ne possède pas assez d'informations, elle retourne dans le monde sous-lumineux ; d'où l'impression d'une barrière infranchissable et un retour en général assez brutal à la vie.

Ce modèle ne se veut pas définitif. Il n'est qu'une hypothèse formulée à partir d'une théorie physique et nombre de recherches restent encore à faire.

Un premier axe de recherche s'ouvre sur les réincarnations : nous pensons personnellement que, si dans notre univers sous-lumineux nous avons l'impression d'une succession de vies, en fait, ces vies seraient vécues instantanément et simultanément sur le plan superlumineux ; ce qui explique les interactions d'une vie à l'autre. Des recherches sur la constitution du monde de la mort (conditions d'existence, interactions avec le monde des vivants) sont également à faire.

Dans ce dernier domaine les religions extrême-orientales, la théosophie, pourraient nous être d'un grand secours et nous permettre de décrire ce monde de lumière, d'éternité, de connaissance, d'harmonie, où le temps est hors du temps.

Enfin, il est nécessaire de prouver expérimentalement l'existence des tachyons.

D'après le principe de complémentarité, une particule est à la fois un corpuscule et une onde représentée par une certaine fonction psi. Cette onde a une vitesse de phase supérieure à celle de la lumière dans le vide. Si aucune observation expérimentale n'intervient, toute particule matérielle serait ainsi une onde. Mais lors d'une expérience quantique, l'onde psi se réduirait brusquement à un corpuscule localisé dans l'espace : c'est le collapse du psi.

D'autre part, chaque grandeur physique caractérisant le corpuscule est remplacée par un " opérateur " agissant sur la fonction psi développée en " série de Fourier ", ce qui donne une série de " valeurs propres " pour la grandeur physique. On peut calculer la probabilité de production des valeurs propres pour une grandeur physique et pour une expérience donnée. C'est tout ce que l'on connaît.

Quand l'expérience est réalisée, alors seulement on connaît la valeur exacte de la grandeur dont on ne connaissait que des probabilités d'apparition.

Il se forme alors un couple indissociable " système de l'observateur "/" objet quantique observé ", couple en interaction, et ce serait la " conscience " et la volonté de l'expérimentateur décidant l'expérience qui produiraient le résultat de l'expérience. Si la conscience est un champ de matière tachyonnique (les tachyons ayant une vitesse supérieure à celle de la lumière, comme l'onde de phase psi), la " particule " sous-lumineuse observée ne serait que la projection holographique d'une particule superlumineuse, et ce n'est qu'à ce moment qu'on aurait des valeurs exactes. Avant, comme la quantité d'informations qui passe par le filtre cortical est très faible, on ne pourrait calculer que des probabilités. On remarquera l'intervention des processus de Fourier aussi bien en mécanique quantique que dans la théorie holographique.

Dans le paradoxe EPR, le théorème de Bel montre qu'il n'y a aucune " variable cachée " locale (inégalités de Bel). Mais le modèle de conscience superlumineux peut expliquer la corrélation des spins de deux photons dans l'expérience d'Aspect. Les photons seraient formés d'une composante superlumineuse (par exemple préon tachyonnique) faisant ipso facto partie de la conscience ; d'où transmission instantanée d'une information sur les spins entre les deux photons.

Si les expériences sur les tachyons, après les publications de Feinberg, Sudarshan et d'autres, ont toutes été négatives entre 1967 et 1971, il semble bien que J. Steyart (Institut de physique nucléaire de l'université de Louvain-la-Neuve, Belgique) ait mis en évidence, depuis 1986, des paires de tachyons (effet tachyo-électrique) de masse de l'ordre de 200 kev environ et qui seraient des monopoles magnétiques.

Enfin, le 15 janvier 1990, R. Dutheil a présenté devant la Fondation Louis de Broglie (Paris) un modèle de préon tachyonnique considéré comme un micro trou noir superlumineux, en généralisant le concept de préon dû à Salam. Pour ce dernier, l'électron, le photon et les quarks de la deuxième génération seraient formés de particules tout à fait élémentaires : les préons. Pour R. Dutheil, électron, photon et quarks seraient formés d'un assemblage de préons bradyonniques et tachyonniques.