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Transcription (partielle) de l'émission "science conscience" sur France Culture du 19 avril 2007 : RUYER9avril2007.mp3

Emission sur Raymond Ruyer (1902-1987), philosophe situé à l’intersection des sciences et de la métaphysique – comme Bergson mais à distance de lui –, voit son œuvre entourée par un étrange silence, exception faite de La Gnose de Princeton

Invités :

- Fabrice Colonna, AUTEUR de "RUYER" (ED Hermann ) ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, a publié plusieurs articles sur Merleau-Ponty et dirigé le numéro des Études philosophiques consacré à Ruyer.

- Jean Lassègue CNRS CREA-Ecole polytechnique

(TIME 39 . 00)

Jean Lassegue: Beaucoup de physiciens , d'informaticiens et de biologistes se posent ces questions là . Je pense a un livre qui vient de sortir :

"Mathématiques et sciences de la nature ; singularité physique du vivant "

édité chez Hermann" Francis Bailly et Giuseppe Longo essaient de relier la physique, la microphysique au vivant ; c'est exactement le thème de Ruyer"

Compte-rendu de Mathématiques et sciences de la nature.htm

  

Fabrice Colnna : Un chapitre sur L'esprit introduit au panpsychisme de RUYER :

Doctrine soutenue par de très grands auteurs :Leibnitz, Chopenhauer etc.. :auteurs qui étaient des homme de science ou bien des philosophes bien informé des sciences. Mot relativement récent associé a des choses non rationnelles comme la psychokinèse les cuillères tordues par la pensée etc…Vous voyez ; ce genre de choses. Le fond de la matière n'est pas uniquement substance mais pour décrire ces entités Ruyer parle de comportement délocalisé d'un psychisme

Ruyer essaye de distinguer le psychisme secondaire élaboré qui est le notre du psychisme primaire qui correspond….il donne une image : "C'est comme un artisan complètement absorbé dans sa tâche ; à la limite; il n'a pas conscience de c e qu'il fait. L'artiste qui crée , ce n'est pas un amas de matière ;c'est bien quelque chose de vivant; d'une conscience qui n'est pas encore réfléchie (45.00 ) voilà le fond de la réalité pour Ruyer; c'est ce travail inconscient.

Le fond de la réalité c'est la conscience ; chez Ruyer elle est immanence pure dans la conception traditionnelle de la conscience, le terme technique est l'intentionnalité

La conscience se possède elle-même elle est rapport de soi a soi .Toute la philosophie de Ruyer c'est avoir une consistance. Vous prenez comme exemple de conscience primaire, la électron ou la cellule. Le modèle de la consistance c'est ce psychisme élaboré

  

PP "Vous avez pris l'exemple de l'artisan , donc de la conscience primaire qui est toute entière a sa tache, concentrée sur ce qu'elle fait et la conscience seconde qui prend en compte l'environnement spatial, les rencontres qu'elle va faire, je ne sais quoi? .

( Important! voir la relation avec l'affaire du poltergeist_artisan de Guy GRUAIS dans le livre des poltergeist http://pagesperso-orange.fr/chum/LIVRE.htm

)

 Ce sont deux niveaux, deux plans de conscience , quand on dit que la conscience est immanence pure, le terme immanence passe difficilement. Ruyer a donné une image

Vous avez un certain nombre d'informations physiques qui parviennent a votre oeil, elles sont transmises a votre cerveau mais qui les verra dans le cerveau? Il faut bien s'arrêter a un moment ou a un autre .Il faut qu'on élimine toute vision surplombante pour que l'aire cérébrale se survole elle-même. Il faut bien que cesse la dualité de l'œuvre et de l'artisan."

C'est un processus de régression a l'infini est a éviter.

 

49 05 - Jean LASSEGUE:

" Il y a un exemple chez Ruyer qui est parlant; il fait remarquer que lorsqu'on s'adresse à quelqu'un on voit une partie de notre propre corps, votre nez, vos mains et vous avez tendance a vous placer dans le décors entièrement et a imaginer une conscience qui vous regarde .Si vous vous mettez dans ce mauvais cas a ce moment une régression se met en marche parce que vous êtes obligé d'avoir une conscience qui regarde la conscience etc.. etc.. A un moment donné il faut bien s'arrêter

50 00 "On ne peux pas par définition observer une conscience , on en voit simplement les effets; elle est en acte et on en voit simplement les effets.

F Colonna :observer une conscience, c'est observer une matière , elle est a la foi observable et inobservable, on ne peut pas la voir de l'intérieur. La conscience est pour soi, on ne peux pas se mettre a sa place quand vous voyez une autre conscience, elle vous apparaît a la fois comme corps et comme matière

PP :"Quelle conséquence cela à sur les rapports de la conscience et du cerveau?"

Fabrice Colonna : "Il y a une seule réalité vu sous deux faces .Le cerveau c'est la conscience vue par un autre. Ruyer appelle cela l'interperception: Vous êtes une réalité spirituelle mais je vous vois comme corps.

On a ici un intérêt conservé pour l'analyse scientifique du cerveau faite par les neurosciences et en même temps une solution élégante qui évite le réductionnisme si souvent a l'œuvre dans ce genre de travaux.

Le premier acte du livre de Ruyer "La conscience et le cerveau" une seule réalité vue sous deux angles. Relation avec CANGUILEME et MERLOPONTI .

Par certains côté, selon Ruyer l'homme ressemble a l'univers

C'est une métaphysique de l'immanence pure les grandes lois ne semble que des lois approximées qui valaient pour les grandes quantités de matière. Les entités microphysique ont ce caractère d'individualité vraie d'une part et phénomènes de foule de l'autre. Selon Ruyer, il y a une continuité directe des entités microphysique a l'homme.

Les réalités statistiques concerne les objets qui nous entourent.

JL: rejet du reductionnisme Couple : individualité vraie d'une et phénomène de foule d e l'autre Grande thèse continuiste de RUYER

DEUX SERIES ENTIERES DE SCIENCE:

La MQ, l'embryologie, la psychologie d'un côté et de l'autre, la physique statistique, la démographie etc

Bien après RUYER, ce sera un des grands thèmes du physicien américain PENROSE qui se penchera sur le rapport entre la conscience humaine et les phénomènes microphysique

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Editions Belles Lettres

RUYER écrit par Fabrice Colonna , ancien élève de l’École Normale Supérieure, agrégé de philosophie, a publié plusieurs articles sur Merleau-Ponty et dirigé le numéro des Études philosophiques consacré à Ruyer. Fabrice Colonna

 

Raymond Ruyer (1902-1987), philosophe situé à l’intersection des sciences et de la métaphysique – comme Bergson mais à distance de lui –, voit son œuvre entourée par un étrange silence, exception faite de La Gnose de Princeton. Ruyer a développé une philosophie générale de la biologie (Éléments de psycho-biologie, La Genèse des formes vivantes) ; l’étude de l’invention des formes de la vie l’a conduit à une théorie de la causalité biologique, contestant le discours génétique. Parallèlement, il a cherché à tirer toutes les conséquences théoriques des révolutions de la physique du xxe siècle, notamment de la mécanique quantique, en construisant le finalisme qu’elles appellent. Réflexions inséparables d’une méditation ample, englobant une théorie de la conscience et du cerveau (La Conscience et le Corps), une philosophie de la valeur, une critique de l’utopie (L’Utopie et les Utopies) et l’une des grandes théologies rationnelles du xxe siècle (Dieu des religions, Dieu de la science). Élaborer un panpsychisme conséquent, dans l’héritage de Leibniz, tel a été l’objectif de ce philosophe à la langue toujours claire, qui a parcouru l’ensemble des savoirs de son temps. Forte d’une vingtaine de livres et de plus d’une centaine d’articles, cette œuvre qui a influencé Merleau-Ponty et Deleuze, mérite qu’on s’y arrête. Le présent ouvrage expose pour la première fois la pensée de Ruyer dans son ensemble, depuis les grands traités du milieu de siècle comme Néo-finalisme jusqu’au manuscrit inédit de 1983, L’Embryogenèse du monde et le Dieu silencieux, et espère lui restituer son unité et sa signification propres.

 


AVIS de Jean Lassègue (auteur de Turing

Edition Belles lettres 1998) sur l'ouvrage de Francis Bailly et Guiseppe Longo : "Mathématiques et sciences de la nature ; singularité physique du vivant " édité chez Hermann

 Le livre de Francis Bailly et de Giuseppe Longo a le rare mérite de travailler simultanément sur deux fronts.
Premièrement, et au premier chef, à partir d'une réflexion qui corrèle les fondements des mathématiques et ceux de la physique, il propose un cadre conceptuel nouveau pour penser la biologie et émet à l'intention de la communauté scientifique un certain nombre de propositions théoriques sur la nature du temps, de l'espace, de l'optimalité, de la causalité et de la détermination en biologie. Ces propositions relèvent de la science en train de se faire et elles seront, en tant que telles, soumises à discussion, réélaboration et critique, comme toutes les propositions conceptuelles nouvelles dans le cadre de l'élaboration scientifique. Sans préjuger de leur destin qui appartient à la communauté en question, ce travail de commentaire a eu pour but de participer à leur mise en circulation.
Deuxièmement, le point de vue directement scientifique adopté par les auteurs est couplé à une interprétation philosophique : retrouvant ici une tradition qui, de Poincaré à Hermann Weyl en passant par René Thom,
n'a jamais conçu le travail scientifique comme séparé ou même séparable de la philosophie, les auteurs ont pris le risque, fort mal porté dans l'ambiance de cloisonnement disciplinaire d'aujourd'hui, de s'aliéner et les scientifiques et les philosophes. Ce n'est pas leur moindre mérite d'avoir assumé ce risque et d'avoir, par le fait même, renouer les fils de cette tradition.

Jean Lassègue CNRS CREA-Ecole polytechnique


Fabuleux! Vous trouverez sur le DVD de casar l'enregistrement complet d'une demie heure de l'artisan poltergeist

Sous le titre POLTRERGRUAIS.WAV