Laissons la parole à Marc Lachieze-Rey, cosmologiste au service d’astrophysique du Commissariat à l’Energie Atomique à Saclay :

" Nous avons réussi à démontrer que les différents modèles d’univers élaborés par les physiciens sont cohérents. Ceci dans les deux cas, qu’ils soient infinis ou finis, ils n’entraînent aucun paradoxe. "

" Un univers infini contient un nombre infini de galaxies donc un nombre infini de planètes et d’êtres vivants. "

" Je ne vois rien dans le fait que l’univers soit infini qui pourrait aller contre la logique ou la physique. "

Sur la base de ces déclarations, un chose est hautement probable, c’est que, fini ou infini, l’univers est beaucoup plus immense que le laissent supposer les cosmologistes lorsqu’ils s’expriment sur les médias.

Depuis des années, nous entendons sur les médias nationaux (France culture entre autres) une polémique entre chercheurs au sujet de la grandeur de l’univers. En bons novices, nous pensions naïvement que la grandeur de l’univers se situait dans une fourchette de 5 et 20 milliards d’années lumière. En réalité, la moyenne de 15 années lumière ne concerne qu’une très petite partie , celle qui est observable, une infime partie si on en juge par les prévisions que donnent les modèles élaborés par les théoriciens qui annoncent sans sourciller un univers aux dimensions impensables de 10 puissance 37 années lumière. Celui-ci contenant la "modique quantité" (sic) de 10 puissance 90 galaxies.

Nous ne pouvons que nous extasier devant la prédiction mathématique d’un modèle qui statistiquement prévoit l’existence d’environ 10 puissance 100 étoiles, autour desquelles des planètes plus ou moins habitables ne manquent pas d’exister, si on se fie aux dernières simulations réalisées par Barrie Johns et Nick Sleep, deux chercheurs anglais de l’Open University. Selon leurs travaux, notre galaxie comme la plupart des autres pourrait contenir environ un milliard de planètes.

En définitive, nous les novices, pensions que les 100 milliards de galaxies contenues dans notre univers visible étaient un maximum mais en réalité elles ne représentent qu’une partie ridiculement petite de l'univers supposé que nous décrivent les astrophysiciens selon le principe d’inflation maximum pour un univers en expansion continuelle.Ceci en concordance avec l’observation des mouvements des galaxies (avec décalage dans le rouge selon les travaux de Hubble).

Mettez-vous maintenant à ma place, en ma qualité d’animateur "pseudo-culturel", que dois-je faire lorsque les jeunes adhérents de mon association se précipitent chez moi pour m’annoncer : " Francis ! j’ai entendu à la radio que l’univers n’est pas aussi grand qu’on le croyait, il ne fait pas 15 milliards d’années lumière comme tout le monde le pensait. Les spécialistes ont dit qu’il ne faisait plus que 10 milliards d’années lumière ."

C’est un peu comme si dans leur tête le monde rétrécissait. Comment vais-je faire pour leur expliquer que tout est faux ? Que les astronomes terriens sont des taupes bigleuses (des aveugles) qui cherchent à percevoir les limites de l’univers au travers de télescopes qui ne peuvent pas voir plus loin que 10 ou 15 milliards d’années lumière pour des raisons techniques.(Nous ne pouvons aller au delà de l’horizon créé par le rayonnement fossile).Les paramètres cosmologiques mesurés avec précision donnent des indications aux théoriciens pour échafauder des hypothèses dont les calculs ne laissent aucun doute. Nous voyons des galaxies se mouvoir à perte de vue sur 15 milliards d’années lumière mais ce n’est là qu’une petite, une infime partie de la réalité.

Quand je leur aurais dit qu’il existe des milliards d’univers comme celui-là, je serais encore loin de la réalité puisqu’il en existe des milliards de milliards de fois plus.

C’est cent milliards de galaxies visibles d'un côté contre 10 puissance 90 galaxies invisibles de l'autre ;galaxies bien réelles dans un même espace ; en un seul tenant. Voici donc le nombre approximatif des galaxies qui existent dans notre univers à quelques milliards près.

1 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 de galaxies, représentant  l’univers " fini dans l’infini ". (Ce sera notre dernier mot comme chez Foucault)

Ce nombre est imprononçable, il dépasse la capacité d’entendement du cerveau humain qui contient beaucoup moins de neurones que l’univers ne contient de galaxies.

En étant plus de cent millions de fois moins optimiste que Johns et Sleep (voir Science et Avenir de juin 2002), en admettant qu’une ou deux civilisations intelligentes par galaxie, il faudrait de toute façon accepter l’idée que notre univers foisonne de vie intelligents comme ce n’est pas possible de l’imaginer. C’est une véritable ruche de cerveaux hyper-développés qui conçoivent de très hautes technicités, technicités et ustensiles dont nous n’avons pas même idée tellement c’est incroyablement performant en rapport avec ce que notre civilisation a pu produire en quelques siècles.

C’est Aimé Michel qui serait heureux d’apprendre qu’il était " dans le sens du vent " il y a vingt ans déjà alors que les scientifiques se moquaient de lui.

Il est impossible à notre cerveau d’imaginer la quantité incroyable de galaxies contenues dans le nombre indiqué ci-dessus. Il faut bien comprendre qu’à chaque fois qu’on y trouve trois zéros, ce n’est pas 1000 qu’on ajouterait inconsciemment à 1000 autres, trente fois de suite. Non ! C’est le produit d’un millier avec l’ensemble des autre milliers groupés ; c’est très différent.

Il faut avoir à l’esprit que le nombre des planètes habitables de l’univers est incommensurable. A titre de comparaison, imaginez le nombre incroyable de poussières et de micro-poussières qui se sont dégagées lors de l’écroulement des deux tours lors de l’attentat du 11 septembre 2001 au World Trent Center. Il faut se dire qu’il existe des milliards de milliards de fois plus de galaxies qu’il n’y a eu de micro-poussières lors de cet attentat.

Comment dans ces conditions oser prétendre que nous pourrions être la seule civilisation consciente de l’univers ? Des civilisations conscientes et intelligentes, intelligentes et évoluées technologiquement, c’est-à-dire beaucoup plus évoluées que nous pour certaines. Quand nous disons certaines, il ne faut surtout pas prendre ce terme à la légère car une petite proportion d’une très grande quantité, c’est toujours une très grande quantité à l’échelle de l’immensité de l’univers. Ce sont donc des milliards de civilisations hyper-évoluées qu’il faut prendre sérieusement en considération si nous voulons être en accord avec la réalité des chiffres quant au nombre de planètes habitées ; en tenant compte de la réalité des objets célestes que la science est en mesure de comptabiliser avec le concours d’appareils de sondage de l’univers très performants et chaque jour plus fiables. En accord aussi avec les réalités temporelles permettant de penser que des milliards de civilisations ayant acquis les connaissances suprêmes concernant le fonctionnement de l’univers sont arrivées à ce stade parce qu’elles ont des milliards d’années de plus que nous.