Extrait du livre de Camille Flammarion "Forces naturelles inconnues"

Vous pouvez enregistrer gratuitement le livre complet en fichier .pdf

http://www.autoresespiritasclassicos.com/camille%20flammarion/inicio/Camille%20Flammarion%20%20-%20%20Les%20forces%20naturelles%20inconnues.pdf

 

Extrait parmi d'autres concernant la "transmaterialité"

J'arrive maintenant au fait le plus étrange encore, le plus incompréhensible, le plus incroyable de toutes nos séances.

Le 21 novembre, M. Jules Bois présente un livre devant le rideau, et à la hauteur de la tête d'un homme debout. Le salon est vaguement éclairé par une petite lampe, avec abat-jour, assez

éloignée. On voit distinctement les objets.

Une main invisible située derrière le rideau saisit ce livre.Puis tous les observateurs le voient disparaître, comme s'il était passé à travers le rideau. On ne le voit pas tomber devant.

C'était un inoctavo, assez mince, relié en rouge que je venais de prendre dans ma bibliothèque.

Or, Mme Flammarion, à peu près aussi sceptique que M. Baschet sur ces phénomènes, s'était glissée contre la fenêtre derrière le rideau, pour observer attentivement ce qui se passait :

elle espérait surprendre un mouvement du bras du médium et le démasquer, malgré ses devoirs de maîtresse de maison.

Elle voyait très bien la tête d'Eusapia, immobile devant la glace réféchissant la lumière.

Tout à coup, le livre lui est apparu ayant traversé le rideau, tenu en l'air, sans mains, ni bras, pendant une ou deux secondes ; puis elle le vit tomber. Elle s'écrie : _ Oh ! le livre, qui vient de

traverser le rideau !

 Et, brusquement, toute pâle et stupéfaite, elle se rejette en arrière, au milieu des observateurs.

Tout ce côté du rideau était bien visible, parce que le rideau de gauche avait été détaché de sa baguette dans sa partie gauche, par le poids d'une personne qui s'était assise sur le canapé où

posait par hasard le bas du rideau, et qu'une grande ouverture se trouvait devant la glace occupant tout le mur de fond du salon, glace qui réfléchissait la lumière de la petite lampe.

Si un pareil fait était réel, nous serions forcés d'admettre que le livre a traversé le rideau, sans aucune ouverture, car le tissu est parfaitement intact, et l'on ne peut supposer, un seul instant, qu'il ait passé à côté, le livre ayant été présenté vers mes expériences avec Eusapia le milieu, c'est-à-dire à soixante centimètres environ de chaque extrémité du rideau, lequel mesure 1m25 de largeur.

Cependant ce livre a été vu par Mme Flammarion, qui regardait derrière le rideau, et a disparu pour les personnes qui étaient devant, notamment M. Baschet, M. Brisson, M. J. Bois, Mme Fourton et moi. On ne s'y attendait en aucune façon, on en a été stupéfait, on s'est demandé ce qu'était devenu le livre, et il a paru tomber derrière l'étoffe.

Hallucination collective ?... Nous étions tous de sang-froid.

Et si Eusapia avait su glisser adroitement sa main et saisir le livre à travers le rideau, on n'aurait pas vu la forme nette du livre, mais un gonflement du rideau.

Quelle valeur n'aurait pas l'observation de cet objet traversant un rideau, si l'on était sur de l'absolue honnêteté du médium, si, par exemple, ce médium était un homme de science, un physicien, un chimiste, un astronome, dont l'intégrité scientifique soit au-dessus de tout soupçon ?

Le seul fait de la possibilité d'une fraude diminue des quatre-vingt dix-neuf centièmes la valeur de l'observation et oblige à la voir cent fois avant d'en être sûr. Les conditions de la certitude devraient être comprises de tous les chercheurs, et il est surprenant d'entendre des personnes intelligentes s'étonner de nos doutes et de la stricte obligation scientifique de ces conditions. Pour être sûr de pareilles énormités, il faut en être cent fois sûr, ne pas les avoir vues une fois, mais cent fois, comme, par exemple, les lévitations.

Il nous paraît impossible que la matière puisse traverser de la matière.

Vous placez, par exemple, une pierre sur une serviette. Si l'on vous dit qu'on l'a retrouvée au-dessous, sans aucune solution de continuité du tissu, vous n'y croirez pas.