Extraitde documentation 064/186 (casar)

 

Le cas Davel

 

Le 11 novembre 1918, un jeune matelot français sans famille et sans fortune rencontre à Calais, lors d'un bal célébrant l'armistice, une jeune fille belle, riche et intelligente. Michel Davel et Rose-Mary Adrian (son père est anglais, sa mère française) s'éprennent follement l'un de l'autre et veulent se marier. Leur demande se heurte à un refus courroucé de Mr. Adrian, car le jeune homme est vraiment trop pauvre pour prétendre à la main de Rose-Mary.

En 1919, les Adrian partent s'installer en Australie. Rose-Mary reste célibataire, fidèle à son grand amour.

En 1934, elle vit seule à Melbourne (ses parents sont morts), lorsqu'elle rencontre dans la rue Michel Davel qui lui déclare être arrivé récemment en Australie, avoir été victime d'un accident de la circulation le 12 août de la méme année et souffrir d'une amnésie partielle depuis ce moment. Michel a un peu changé physiquement mais ses souvenirs de Calais restent intacts et son amour pour Rose-Mary toujours aussi viŁ Quelques mois après ils se marient et Michel Davel obtient un emploi important dans l'entreprise d'un ami des Adrian. Treize ans se passent.

En 1947, Michel s'absente sans prévenir pendant plusieurs jours. A son retour, il parle un anglais impeccable, lui qui le parlait jusqu'ici avec un accent français déplorable. Il déclare avoir retrouvé sa mémoire perdue à la suite de son accident en 1934. Il s'appelle en réalité Georges Littlon, Australien bon teint qui n'a jamais quitté son pays, il vivait à Adélaïde au moment de son accident et était marié. Sa femme légitime, qu'il vient de contacter, l'a reconnu sans hésitation comme étant Georges Littlon.

Rose-Mary Adrian, effondrée, quitte alors l'Australie pour terminer ses jours en Angleterre. Elle y mène une enquête très serrée et retrouve enfin la trace de Michel Davel. Ce dernier est mort d'un grave accident le 12 août 1934, le jour même où à des milliers de kilomètres Georges Littlon perdait conscience lui aussi à la suite d'un grave accident.

De multiples vérifications sont accomplies et aboutissent a la conclusion qu'une rencontre entre Michel Davel, qui ne vint jamais en Australie, et Georges Littlon, qui lui n'en sortit jamais est impossible. La fraude de l'un ou de l'autre des protagonistes est elle aussi exclue.

La seule explication qu'on trouva dans les années 50 paraît évidemment hallucinante. L'âme de Michel Davel, au moment de sa mort le 12 août 1934, se réincarne immédiatement dans le corps de Georges Littlon, rendu momentanément disponible ar son accident et sa très longue perte de connaissance. Le corps de Georges Littlon est littéralement " possédé " par l'esprit, la conscience de Michel Davel. Qu'est devenue pendant tout ce temps, de 1934 à 1947, la conscience de Georges Littlon? Il est difficile de le dire. Pourquoi la conscience de Michel Davel s'éclipse-t-elle au bout de ces 13 ans et cède-t-elle à nouveau la place à celle de G. Littlon2 Autant de questions qui posent des problèmes insurmontables, du moins dans le cadre de nos connaissances actuelles.