DOCUMENTATION fournie par KAT (fidèle collaboratrice de CASAR) qui complète l'enregistrement de l'émission diffusée sur France culture du 9 juin 05 que nous avons mis a disposition sur le CD N°2 de CASAR de documentation des EGP
 
1905, l’année miracle d’Albert Einstein, III
Emission du 09 Juin 2005 sur France Culture
 
Thibault Damour est professeur à l'Institut des hautes études scientifiques et membre de l'Académie des sciences. Physicien théoricien, il est mondialement connu pour ses travaux novateurs sur les trous noirs, les pulsars, les ondes gravitationnelles et la cosmologie dans la théorie des cordes. Il a reçu de nombreuses récompenses, dont la prestigieuse médaille Einstein.

Thibault Damour Si Einstein m'était conté Ed : Le Cherche Midi (2005)
Présentation de l'intérêt philosophique ou conceptuel des idées d'Einstein pour les sciences et les technologies actuelles. En 7 chapitres, l'ouvrage propose des scènes illustrant différents moments de la recherche menée par le scientifique.

Commentaires On sait qu'Einstein a créé la physique du XXe siècle par ses travaux sur la relativité et les quanta. Mais que sait-on vraiment des idées essentielles apportées par Einstein ? Comment les a-t-il trouvées ? Que doit-on retenir aujourd'hui des bouleversements conceptuels inaugurés par lui ? Le livre accompagne Einstein au long de sa vie et de son oeuvre scientifique, et nous rappelle les applications journalières de ses idées : du principe du laser au système de positionnement par satellites en passant par la dispersion des aérosols dans l'atmosphère.
Entretiens sur la multitude du monde. Jean-Claude Carrière et Thibault Damour
Ce livre tente de nous faire apercevoir les bouleversements que les découvertes de la physique ont induits dans notre compréhension du monde, non seulement du point de vue des spécialistes comme TD, mais aussi du point de vue des hommes qui, comme JCC, réfléchissent. Et la tâche n'est pas mince, lorsque, comme le soulignent les auteurs, un élève de terminale et ses manuels ignorent encore l'essentiel ce qui s'est produit depuis le début du XXème siècle. Formation insuffisante des enseignants, ou pire...
Car, ce que les découvertes des 100 dernières années nous disent, c'est que le monde que perçoivent nos sens et que nous appelons la réalité (j'ajouterais : perçue) n'est que la part visible d'un monde beaucoup plus vaste que notre raison seule perçoit (ou plutôt, construit), exprime en écriture mathématique, et qui permet d'expliquer cette réalité. Ce que je ne vois pas avec mes sens, mais que ma raison (et celle de tous les hommes qui font l'effort d'apprendre et de comprendre) peut mettre en musique mathématique, explique ce que mes sens voient, mais que le seul recours aux lois qui régentent le visible (le sens commun) ne permettent pas d'expliquer : non, la lune ne suit pas les lois de Newton exactement, non Lavoisier n'a pas tout à fait raison quand il dit que tout se conserve, etc... Nos instruments, devenus plus précis, montrent des petites déviations par rapport à ce que prédisent ces grandes lois. Pour en rendre compte il a donc fallu quitter le monde rassurant de la physique du XIXème siècle, et s'aventurer dans ce monde, pour beaucoup rebutant, de la représentation mathématique sous jacente. Mais quels incroyables succès (souvent ignorés) a permis cette démarche ! Succès du savoir, d'abord, avec des prédictions de grandeurs que l'expérience confirme superbement ( comme par exemple le moment magnétique de l'électron à la 11ème décimale), mais aussi succès de l'application de cette branche du savoir à d'autres comme la biologie, la médecine ou l'astrophysique, qui sans la mécanique quantique ou la relativité seraient loin en deçà de leurs progrès actuels, sans compter les applications pratiques de notre vie quotidienne.
Mais alors peut-on résumer les principaux concepts nouveaux que cette mathématisation du monde nous propose ? Essayons, en référence au savoir classique du XIXème siècle, tout en rappelant que les théories, les descriptions du monde ne deviennent jamais fausse (au contraire des idéologies, des religions et autres opinions), mais que seulement leur capacité de description et de prévision s'arrête à une certaine précision, là où une nouvelle théorie vient prendre le relais :
1 . - On imaginait l'espace et le temps bien distincts. La Relativité, au début du XXème siècle, mélange ces deux domaines (l'espace-temps) et ajoute le postulat qu'existe une vitesse maximale, celle de la lumière. Cela va avoir quelques conséquences sérieuses, que l'expérience confirmera :

- Impossible de dire si deux événements sont simultanés ou non. La cause et l'effet en prennent un bon coup de vieux.
- Un déplacement dans l'espace est aussi un déplacement dans le temps.
- Le temps ne "s'écoule" pas dans un seul sens. Bien entendu, à notre échelle et dans notre monde sensible nous le voyons toujours s'écouler dans un seul sens, et cela reste en accord avec la Relativité.
2 . - La masse semblait un élément stable de la matière. La Relativité postule et l'expérience confirme que masse et énergie sont deux 'versions' d'une même grandeur. Conséquences :

- Rien n'est plus stable, et toute matière disparaît et se recrée à une allure folle. Et on l'observe à l'expérience !
- Cette matière-énergie déforme par sa présence notre espace-temps. Et l'on comprend ainsi d'étranges comportements de l'univers. Encore une fois, restons calmes, notre vie de chaque jour ne le perçoit pas ! Il faut de bons instruments et l'envie de savoir.
3 . - Toutes les grandeurs de la physique classique variaient de façon continue (masse, énergie, distances, etc.). A toute petite échelle ce n'est plus vrai, et les variations se font par sauts, par quantas. Tout un pan de l'expérience jusqu'ici inexpliquée se trouve prévisible :

- Les raies des spectres lumineux (étoiles aussi bien qu'objets courants).
- La stabilité apparente des atomes et molécules et les réactions nucléaires.
- Le comportement de la lumière, etc.
4 . - La mécanique, qui était efficace à notre échelle doit alors, aux petites dimensions (l'atome), céder la place à une autre mathématisation, la mécanique quantique qui va se révéler d'une capacité prédictive extraordinaire, avec des précisions inhabituelles. Mais alors,à quel viol du 'bon sens' à l'échelle où cette mécanique quantique est efficace assiste-ton, tout en retrouvant la mécanique traditionnelle à notre échelle :

- Rien n'est plus unique. Si par exemple une grandeur peut être 1 ou 2, elle est 1 et 2 ! Les états se superposent, la réalité est multiple, ce que de subtiles expériences confirmeront. Rassurons-nous, à notre échelle, nous ne sommes pas une chose et son contraire, ou ici et ailleurs...
- Il devient impossible de mesurer à la fois certaines grandeurs ; plus on sera précis avec l'une, plus l'autre sera imprécise. C'est l'incertitude de Heisenberg.

http://www.ihes.fr/~damour/index.html
En partenariat avec l'Institut d'Astrophysique de Paris et le Groupe de Recherche Gravitation et Expérience dans l'Espace (GREX), l'Observatoire de Paris inaugurera, en janvier 2005, un cycle de conférences scientifiques grand public entièrement consacré à la théorie de la relativité dont on fêtera le centenaire de la découverte par Einstein.
Tout au long de l'année 2005, dix conférences se tiendront un mardi par mois (sauf en juillet et en août), à 19h30, à l'Institut d'Astrophysique de Paris. Le cycle réunira des intervenants d'horizons scientifiques variés, astrophysiciens, physiciens, historiens, épistémologues... Tous auront à coeur de partager leurs connaissances et recherches récentes autour de cette inépuisable question qu'est la relativité : est-ce une théorie si difficile à comprendre ? A quels problèmes se trouvait confronté Einstein lorsqu'il en a posé les bases ? Quel a été son cheminement intellectuel pour la concevoir ? En quoi la relativité est-elle devenue une " boîte à outils " pour toute la physique et en particulier pour l'astronomie de haute précision ? Quelles furent les expériences qui la confirmèrent ? Einstein avait-il raison dans ses prédictions ? Telles seront quelques-unes des questions passionnantes qui seront soulevées au cours de ce cycle. Les intervenants sont des spécialistes bien connus de ces sujets et possèdent un réel sens de la vulgarisation.
Les enregistrements vidéo des conférences sont disponibles sur le site du SFRS-CERIMES quelques jours après chaque conférence, à l'adresse http://www.cerimes.education.fr/ (rubrique "100 ans de relativité")
Conférence de clôture : 6 décembre : Thibault Damour, physicien théoricien, Institut des Hautes Etudes Scientifiques (IHES) : "Cent ans après Einstein : questions et perspectives" Dans cette conférence de clôture nous évoquerons les problèmes ouverts et les défis (observationnels et théoriques) de la relativité générale actuelle, en particulier celui de son unification avec un autre pilier de la physique du 20 ème siècle, la mécanique quantique.