Extrait de l'ouvrage de Jean SIDER "OVNIS : La solution du mystère" RAMUEL 2001

 

Enfin, il donne quelques détails qui pourraient valoriser notre hypothèse à propos de l'utilisation des éléments d'un cluster-balloons lors de la mise en scène montée à Fort Worth par le général Roger M. Ramey.

Nous avons ajouté aussi diverses données émanant de scientifiques, d'officiers supérieurs et de fonctionnaires de haut rang, tous ayant été dans le secret de cet incident. Certaines ont déjà été publiées dans notre dernier livre, mais bon nombre de lecteurs peuvent ne pas l'avoir acquis. D'autres, moins nombreuses, constituent une nouveauté, ne serait-ce que celle qui implique celui qui a été le personnage le plus connu du petit monde ufologique, l'astronome J. Allen Hynek, que l'on ne présente plus.

Passons tout d'abord à la version que R. Shirkey propose dans son livre, car nous avons en cet ancien militaire un témoin DE L'INT'ERIEUR. Son récit, très long, est réduit à ses grandes lignes, du moins celles qui apportent des corrections et des additions par rapport à ce qui a été divulgué par des chercheurs l'ayant précédé. Pour ce faire nous avons respecté un ordre chronologique.

1 JUILLET

- Le général Martin Scanlon, adjoint du général commandant l'Air Force, téléphone au colonel William H. Blanchard, chef de Roswell AAF. II lui demande d'envoyer deux spécialistes en radar à Alamogordo AAF, pour aider les radaristes locaux à identifier de curieux échos qui apparaissent sur les écrans de leurs appareils. Ils doivent être accompagnés d'un officier du Pentagone, le " major Thomas " (pseudonyme), qui dirige un service spécial destiné à résoudre les problèmes de haute sécurité qui se posent dans les bases stratégiques du SAC (Strategic Air Command). I1 doit aussi emmener un agent de son service qui est " permanent " à Roswell AAF, un certain Frank Kaufmann (le curriculum vitæ de cet homme est cité par ailleurs).

2 ET 3 JUILLET

- À l'arrivée du Major Thomas, les quatre hommes se rendent par la route à Alamogordo dans deux véhicules, où ils arrivent tard dans la soirée.

- Le lendemain, ils se rendent au Radar Training Center où on leur explique ce qui se passe. Un étrange écho apparaît de temps en temps sur les écrans, quelquefois plusieurs. Le comportement de ces échos défie toute explication conventionnelle. À un moment donné, un radariste signale qu'un de ces intrus est revenu. Sur son écran, les quatre envoyés spéciaux peuvent suivre les évolutions ahurissantes d’un écho aux déplacements bizarres. Tous les radars ayant été vérifiés dès le premier jour de cette étrange manifestation, il s’agit incontestablement d'un objet inconnu.

- En début de soirée, un violent orage éclate dans le secteur.

L'écho " fantôme " ne semble pas en être affecté. Soudain alors qu’un éclair de foudre d'une énorme intensité se produit, l'écho disparaît subitement. Que s'est-il passé ? C'est la question que posent ceux qui surveillent les écrans. Un technicien émet l'avis que l'éclair de foudre a pu frapper 1'objet et lequel a dû s écraser. I1 effectue même divers calculs et parvient à localiser un point d’impact approximatif à l’est des monts Sacramento et des monts Capitan, au nord de Roswell. Après une discussion entre spécialistes, tout le monde se range à cet avis. Du coup, les quatre envoyés spéciaux reprennent précipitamment la route pour Roswell AAF.

- En cours de route, quand la liaison est possible, le major Thomas appelle le colonel Blanchard par radio pour le mettre au courant de ce qu'il a vu sur les écrans du radar. Le chef de Roswell AAF lui dit alors que deux appels téléphoniques sont parvenus à la base, émanant de témoins qui circulaient vers le sud sur la Highway 285, revenant d'Albuquerque ou de Santa Fe. Ces personnes ont déclaré avoir vu une flamme dans le ciel, laquelle a disparu à l'ouest de la Highway, trente ou quarante miles au nord de Roswell. Le colonel a fait préparer deux véhicules tout terrain, afin de permettre à Thomas et Kaufmann de se rendre sur le site du crash. I1 y a d’ailleurs préalablement envoyé un détachement de la police militaire pour établir un cordon de sécurité.

4 ET 5 JUILLET : SITE DE L’EPAVE

- À peine arrivés à Roswell AAF, Thomas et Kaufmann changent de véhicules et filent vers le nord par la Highway 285. En cours de route, quand le relief est favorable, Thomas contacte par radio le détachement précurseur de la police militaire et se fait préciser le trajet exact à suivre pour parvenir au site du crash. Ils sont sur place vers 01h30.

- Les militaires ont installé des projecteurs qui éclairent un appareil non pas discoïde mais triangulaire dont 1'avant et l' arrière sont arrondis. Un dôme allongé surmonte l’avant. L objet se trouve au pied d'une falaise à pic bordant une courbe de l'arroyo Cienago del Macho, un cours d'eau desséché.

- Un véhicule des pompiers de Roswell, prévenu par des automobilistes circulant sur la Higkway 285, a été écarté par la police militaire avant l'arrivée de Thomas et de Kaufmann, d'autant qu'il n'y a aucun feu à éteindre. Vingt-sept hommes en tout sont présents sur le site, dont un photographe de l'US Army muni d’un Graflex 4x5.

- L'objet est inspecté sous la direction du major Thomas. I1 est légèrement encastré dans la falaise. I1 n'y a aucune trace de système de propulsion à l'extérieur, ni aucune présence de tableau de bord à l'intérieur. Le dessous de sa coque est constitué d'une structure métallique en nid d’abeilles. Cinq corps d'humanoïdes sont découverts, trois dans l’objet, un en partie dedans et en partie dehors, et un cinquième à terre près de 1’appareil. Tous sont morts. Ils font environ 1,60m de haut. La tête est grosse par rapport au corps, dépourvue de système pileux. Les traits faciaux sont beaux et non pas monstrueux. La bouche est petite. Les yeux sont plus grands et plus allongés que les nôtres. Il n'y a que des orifices à la place du nez et des oreilles. Les mains ont cinq doigts chacune, paraissant normalement constitués sans ongle. Les corps sont revêtus d' une combinaison grisâtre comme celle des plongeurs sous-marins.

- À 02h00, le major Thomas contacte le colonel Blanchard par radio et lui demande de lui envoyer d’urgence un camion-grue, un camion à plate-forme, deux ambulances, plusieurs bâches et des cordes. De plus, il lui ordonne de préparer un site de diversion dans un autre lieu au nord de Roswell, en bordure de la Highway 285, avec des débris d'avion à prélever au " cimetière " des appareils accidentés.

- Vers 04h00, les véhicules et équipements demandés parviennent sur le site. Les corps sont placés dans des gaines mortuaires avant d’être chargés dans les ambulances. L'appareil est soulevé par le camion-grue et posé sur Ie camion à plate-forme. Des bâches maintenues par des cordes sont disposées sur l'engin pour le cacher aux yeux de témoins éventuels. Le convoi repart vers Roswell AAF, tandis que des policiers militaires restent sur place pour enlever les divers débris et faire disparaître toute trace de l'accident.

- Un site de diversion est également installé plus tard dans la nuit à proximité de la Highway 285, destiné à être " nettoyé " dans la matinée en plein jour, afin que des automobilistes puissent voir la scène.

- Vers 07h00, le convoi parvient à Roswell par un chemin détourné, pour éviter un maximum de témoins. Il entre dans la base par le terrain de golf réservé au personnel. Le camion à plate-forme est remisé dans le hangar 84 avec des sentinelles pour empêcher quiconque d'y accéder, sauf quelques personnes triées sur le volet. Les ambulances se dirigent vers l'hôpital de la base et là, les quelques témoins gênants sont éloignés par la police militaire. Les cinq corps enveloppés sont placés dans une chambre froide.

- Plusieurs personnes venues de Washington et de Fort Worth (Q. G. de la Région Aérienne dont dépend Roswell AAF) ont accès à l'appareil et aux corps, et le colonel Blanchard a de nombreuses rencontres avec elles. Il n'y a eu aucune fuite dans la presse sur tous les épisodes liés à cet incident. De plus, les festivités prévues ce jour-là (Independence Day - Fête nationale aux États-Unis) ont fait que ce remue-ménage militaire n'a pas attiré l'attention de ceux qui n'avaient pas " besoin de savoir ".

À noter que Kevin Randle, enquêteur et auteur bien connu pour ses recherches sur Roswell, a retrouvé plusieurs témoins et enfants de témoins ayant appartenu à la 1395ème Compagnie de police militaire à Roswell AAF. Tous confirment le crash et les corps. L'un des rares survivants de cette unité, M. Leo B. Spear, n'a pas participé à la récupération de I'appareil inconnu. Toutefois, il s'est souvenu d'avoir entendu parler certains de ses collègues qui étaient allés sur le site et qui s'étaient livrés à des spéculations diverses sur la " soucoupe volante " accidentée.

5 JUILLET

- Les coups de téléphone entre Washington et Roswell AAF sont incessants. Un avion de transport C-54 est commandé pour acheminer l'appareil trouvé au nord de Roswell. Il fait d'abord escale à la base Andrews, Washington, DC, puis décolle pour sa destination finale, Wright AAF, Fairborne, près de Dayton, Ohio (qui devient Wright Patterson AFB en septembre 1947). Le chargement est livré à l'Air Material Command, dont le chef est le général Nathan F. Twining.

- Le pilote de ce C-54 est le major Oliver W. " Pappy " Henderson. Trente ans plus tard, il en fait l'aveu à son épouse Sappho, que plusieurs auteurs-enquéteurs ont interrogée, son mari étant décédé entre-temps.

- Toutes les actions relatives aux épisodes qui viennent d'être résumées ci-dessus ont été placées à un niveau de sécurité rarement utilisé : Top Secret Ultra. M. Shirkey prétend que cette classification exceptionnelle permet aux militaires de contrôler une situation impliquant toutes les autorités civiles d'une zone bien définie. Elle est tellement stricte que même la plupart des présidents des ÉtatsUnis n'ont pas eu accès aux matériaux ni aux corps.