Ultra Top-Secret

UN ARTICLE AHURISSANT

Par un curieux concours de circonstances, quelques jours avant de réaliser l'interview de S. Théau, j'ai découvert au cours de mes recherches dans la presse provinciale de 1954, à la Bibliothèque Nationale, annexe de Versailles, un article publié dans " Le Rouergue Républicain ", mais qui apparut initialement dans le quotidien parisien " La Croix ", dont les affinités religieuses ne sont pas étrangères au crédit que je lui accorde. En effet, " La Croix " dispense le courant de l'Église catholique et n'a pas la réputation de donner dans le sensationnel, surtout lorsqu'il s'agit de " soucoupes volantes " avec observation d'humanoïde velu...

Certes, en 1954, les témoignages de tels engins et de leurs bien étranges pilotes ont été particulièrement nombreux, notamment de septembre à novembre. Mais quand vous saurez qu'il s'agit d'une affaire de récupération de " soucoupe " intacte après la fuite de son pilote qui se serait produite aux États-Unis, d'une part, et que l'histoire est publiée dans " La Croix ", d'autre part, on est assez enclin à lui prêter une attention plus soutenue. Voici donc dans son intégralité l'article que publia " La Croix " dans son numéro du 2 novembre 1954, pages 1 et 5.

L'EXTRAORDINAIRE MYSTÈRE DES SOUCOUPES VOLANTES

Un technicien Américain révèle : J'AI PARTICIPÉ A LA CAPTURE D'UNE SOUCOUPE. MAIS LE PILOTE S'EST ÉCHAPPÉ A BORD D'UN "CIGARE" DE SAUVETAGE ! 

Chaque jour, les agences d'informations regorgent de dépêches relatant les apparitions, évolutions ou atterrissages de soucoupes volantes. Qu'on y croie ou qu'on demeure sceptique, le problème est posé devant l'opinion. "

Les premiers, dans la presse, nous sommes en mesure de verser au grand dossier des soucoupes un document qui fera, nous n'en doutons pas, sensation.

Nos lecteurs s'étonneront de ne trouver dans les extraordinaires "révélations" publiées ci-dessous aucun nom de lieu ni de personne. C'est délibérément que nous avons décidé cet anonymat, I,e folklore ufologique américain ne voulant pas compromettre nos informateurs, intimement mêlés au déroulement des faits que nous portons aujourd'hui à la connaissance du public.

Nous pouvons seulement préciser que le récit qui va suivre émane d'un technicien américain, témoin et acteur d'événements qui se sont passés il y a plusieurs semaines, quelque part aux États-Unis.

" Je travaille à proximité d'une base d'hélicoptères. Un jour, alors que je vaquais à mes occupations, je vis au loin un engin de forme inconnue se poser à la limite du terrain. Je saisis une longue-vue et remarquai un appareil dont le signalement correspondait à la soucoupe classique. Un être d'apparence humaine en descendit, ramassa des cailloux, de la terre, de l'herbe, et prit un nid dans un buisson. Puis l'étrange personnage remonta dans son véhicule qui disparut en quelques secondes. "

Le personnel de la base n'avait pu intervenir, car tout s'était passé très rapidement. Ces faits provoquèrent une profonde émotion chez tous ceux qui en furent les témoins. Quelques jours plus tard, une soucoupe se posa au milieu du terrain. Son pilote, comme la première fois, mit pied à terre et se pencha comme s'il voulait en vérifier le fonctionnement.

Paralysés par un fluide mystérieux

" Décidés à faire la lumière sur cet étrange atterrissage, nous nous sommes précipités en direction de la soucoupe. Nous étions à quelques dizaines de mètres de l'inconnu, lorsqu'il se redressa, nous vit et nous immobilisa par je ne sais quel fluide. Puis, après nous avoir un instant regardés, il contourna la soucoupe, grimpa dans une sorte de " cigare " posé à côté de l'appareil et décolla à la verticale. Nous n'étions pas revenus de notre surprise, si nous avions recouvré la liberté de nos mouvements. "

Un petit être trapu

" La soucoupe était posée au sol. Nous ne savions que faire, ayant encore présente à l'esprit l'image de l'être qui venait de fuir. Il était de petite taille, très trapu et avait une apparence quasi simiesque. Son corps ou ses vêtements étaient couverts de longs poils. De son visage nous n'avons remarqué que ses yeux extrêmement aigus et brillants. Mais la soucoupe se trouvait devant nous. Que contenait-elle ? Nos ingénieurs décidèrent d'en entreprendre l'étude sur le champ. "

Une porte fut découpée au chalumeau. On constata tout d'abord qu'elle était hermétiquement fermée. Pas la moindre trace d'ouverture praticable. II y avait une coupole et des hublots mais aucun réacteur visible. Elle reposait sur trois tiges creuses posées chacune sur des petits skis. I1 nous fallut découper une porte au chalumeau oxydrique. Nous eûmes beaucoup de mal. Le métal - inconnu - qui formait la carapace extérieure de la soucoupe était extrêmement lisse, résistant et révélait ni emboutissage ni ajustage.

Nos chimistes ont analysé un fragment. Ils ont constaté qu'ils se trouvaient en présence d'un alliage très lourd, d'or, de plomb et de fer, mais à partir de ces éléments et en respectant les proportions observées, ils furent dans l'incapacité de le reconstituer.

Pas de moteur

L'intérieur de la soucoupe était tapissé d'une sorte de fibre s'apparentant au caoutchouc. Un gaz assez lourd emplissait les deux tiers de l'engin : atmosphère artificielle ? Carburant ? Quelques manettes étaient disposées autour des hublots, mais nous n'avons rien pu en tirer. De même, nous n'avons trouvé aucun moteur. Il semble que le pilote conduisait "à quatre pattes" à même le .sol. Nous avons retrouvé des sortes de ventouses correspondant à la place des "mains" et des `genoux". Mais pour chacune de celles-ci nous avons relevé six empreintes...

Voilà ce que j'ai vu avec plusieurs de mes camarades. Nous avons été les seuls témoins. Les autorités américaines ont fait le "black-out" sur cette affaire qui n'a pas encore filtré dans les journaux de l'Union... Faut-il dire que nous avons été bouleversés par tout ce que nous avons vu et que nous ne pouvons oublier ?...

Tel est le témoignage que nous avons recueilli en exclusivité. Nous ne pouvons nous prononcer - et pour cause ! - sur la réalité des phénomènes observés, mais nous avons tenu, à titre d'information, à y faire écho.

Mes commentaires

Cette information aurait été publiée dans un organe de presse autre que " La Croix ", j'aurais certainement éprouvé des scrupules avant de la considérer comme pouvant correspondre à une certaine réalité sur laquelle je reviendrai en fin de ce chapitre. Que le lecteur ne perde surtout pas de vue que cette information fut publiée le 2 novembre 1954, en France qui plus est, et non pas aux États-Unis, ce qui est quand même surprenant. Pour autant que je puisse me fier à ma mémoire et à mes archives, jamais cette affaire que cite " La Croix " n'est apparue dans la presse américaine de l'époque ou même lors des années qui se sont succédées par la suite. La notion de " soucoupe " accidentée était d'ailleurs à ce moment-là considérée comme une galéjade, et le rejet de ce type d'information devait durer une trentaine d'années, jusqu'à ce que Leonard Stringfield réunisse et publie ses fameux témoignages relatifs à des ovnis capturés par l'U.S.Air Force, parfois avec cadavres de petits humanoïdes.

A l'origine de ce refus, il y a eu Frank Scully, journaliste Américain qui publia un livre très controversé en 1950 (" Behind the Flying Saucers " - Henry Holt and Co, Inc., New York). Certains pensent qu'il a été grugé par deux personnages louches habitués des magouilles financières, (les sieurs Silas Newton et Leo A. GeBauer). D'autres estiment que Scully servit les intérêts d'une manoeuvre d'intoxication (à son insu).