Ultra Top-Secret "Ces OVNIS qui nous font peur"

Jean SIDER éditions Axis Mundi 1990

 

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Seconde observation : en 1943

En 1943, la classe 1942 fut requise par les Allemands pour les besoins du Service du Travail Obligatoire (S.T.O. ce qui explique le choix du pseudonyme). Notre homme se retrouva donc embrigadé au service du Deutch Reich contre son gré, et se retrouva en Pologne, à Gdynia, au nord de Gdansk, sur la mer Baltique. A l'époque ces deux villes n'avaient pas leur nom polonais mais étaient connues sous leur nom germanique de Gotenhafen et Dantzig. S. Théau fut transporté dans un camp ou étaient constituées des équipes chargées de construire des blockhauss sur la côte en prévision d'un éventuel débarquement soviétique. Des travailleurs français, espagnols, italiens, belges et néerlandais composaient le gros des effectifs. Certains d'entre eux étaient des volontaires, notamment chez les Italiens et les Espagnols.

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C'est en mars 1943 que S. Théau arrive dans la ville natale de Lech Walesa. Au bout de quelques mois, ayant été informé qu’une bouchère d'Exelgroud, petite ville proche de Gdynia, cherchait un commis pour remplacer son mari prisonnier en U.R.S.S., il demande une permission pour tenter d'avoir l'emploi après entente préalable avec son chef de camp. I1 l'obtient le " premier dimanche après le 14 juillet 1943 " (sic) - donc le dimanche 18 juillet 1943 très exactement. Pour rejoindre Exelgroud, S. Théau n'a que ses jambes pour le porter puisqu'il n'y a aucun moyen de transport (bus ou taxi), aussi afin de raccourcir son chemin, il choisit de couper à travers les dunes qui jalonnent la côte. Il part du camp en début d'un après-midi ensoleillé, donc en plein jour.

Au cours de ses multiples escalades, il parvient au sommet d'une dune pour apercevoir dans le creux qui le sépare de la dune suivante, un appareil métallique bizarre, couleur gris-aluminium dont une faible portion de la partie centrale - la plus large - lui paraît enfoncée dans la dune qui lui fait face. L'objet semble avoir également une partie de sa base enfouie dans le sol sablonneux, du moins s'en rendra-t-il compte un peu plus tard. Il surplombe donc l'engin qui lui apparaît sous une forme plate et arrondie, et remarque une silhouette humaine accroupie près de l'appareil, tentant maladroitement semble-t-il, de dégager à la main le sable qui recouvre la partie ensevelie de l'objet. L'individu lui tourne le dos, mais le témoin se rend compte sans peine qu'il s'agit d'une femme. En effet, les cheveux blonds sont longs et couvrent les épaules, les hanches sont larges et la taille est fine.

S. Théau pense immédiatement avoir affaire à une femme-pilote de la Luftwaffe. A l'époque, il y avait des aviatrices à Exelgroud du personnel féminin à la base de la Kriegsmarine, dont des techniciennes mettant au point et transportant les torpilles destinées aux sous-marins de ladite base, etc... I1 n'osait pas se manifester, craignant une réaction négative, mais la femme, comme si elle avait deviné la présence de l'homme, se retourna brusquement vers lui et se redressa. Elle était très grande pour une femme, 1,75 m environ.

 

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Le témoin fait 1,60 m, et lorsqu'il descendit de la dune et se tint près d'elle, il nota qu'elle le dépassait presque d'une tête. Elle était vêtue d'une combinaison d'un tissu marron, très ajustée au corps, mettant en valeur ses formes très féminines dont une paire de seins bien dessinés. La combinaison était d'une seule pièce, sans poches, ni boutons, ni fermeture éclair, ni sans le moindre signe distinctif quelconque. Ce vêtement la recouvrait de la tête aux pieds bien que le témoin remarquât une sorte de bourrelet â chaque mollet correspondant â la partie supérieure d'une paire de bottes de la même teinte que la combinaison. A l'époque, S. Théau n'avait encore jamais vu ce type de vêtement qu'il compara, quelques années plus tard, à la tenue des plongeurs du commandant Cousteau. Le visage de la femme était constitué de traits réguliers. La peau était blanche, mais chose curieuse, les yeux étaient légérement bridés comme ceux des Asiatiques. Les cheveux blonds, tombaient lïbrement dans le dos et étaient coiffés avec une raie au milieu du crâne. Les seules autres parties visibles du corps de cette femme étaient ses mains, que le témoin trouva longues, mais à ongles taillés courts sans laque, " comme les mains d'une pianiste " selon sa propre comparaison. Le visage était également exempt de toute trace de fard (poudre de riz, rimmel, rouge, etc.). Enfin, mis à part une ceinture large d'environ dix centimètres de même teinte que la combinaison, à boucle plate carrée, argentée, elle ne portait aucun bijou ni colifichet (collier, boucles d'oreilles, bracelets, bagues, etc.). Elle parlait une langue que S. Théau ne comprit pas. Bien que gutturale, il ne s'agissait pas d'allemand ni de polonais, langues avec lesquelles le témoin était familiarisé. Il estime que ce n'était pas du russe non plus, car les sons qui revenaient le plus souvent étaient ceux de voyelles et de diphtongues. Quelques années après la guerre, le témoin eut l'occasion de rencontrer des Tahitiens, dont la langue se rapprochait beaucoup de celle parlée par la " femme-pilote ". C'est seulement un faible élément de comparaison, car la femme parlait une langue qui n'était pas du tahitien.

 

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L'appareil

La machine dont une partie était ensablée était en forme de chapeau colonial. Plus tard, lorsqu'elle décolla, S.Théau put se rendre compte qu'il s'agissait d'un engin formé de deux parties en forme d'assiettes collées bord à bord, pour ce qui est de la forme générale. Ses mensurations furent estimées comme suit : six métres de diamètre et deux mètres de hauteur. Plusieurs hublots carrés à angles arrondis étaient répartis sur la coupole supérieure, la seule entièrement visible pendant que l'appareil était au sol. On ne pouvait voir que la partie supérieure de la coupole du bas, à cause du sable qui la dissimulait. Aucun signe distinctif n'était visible sur la coque qui semblait faite d'une seule pièce, car il n'y avait pas la moindre trace de rivet, boulon ou joint. Le centre, formé de deux anneaux - les bords des deux " assiettes " - était constitué d'une ligne sombre plus foncée séparant les dits anneaux.

Plus tard, bien après la guerre, S. Théau au cours de ses nombreuses lectures, apprit l'existence de Peenemiznde, de Werner Von Braun, des V. l, V. 2, et surtout de Hanna Reitsch, femme-pilote qui testa le chasseur révolutionnaire Messerschmitt 163 et pilota aussi un V.4 (V.1 à pilotage manuel) largué à partir d'un Heinkel 111. Les éléments qu'il engrangea sur les recherches des experts en aéronautique de l'Allemagne nazie le renforcèrent bientôt dans ses convictions : il n'avait vu qu'un nouveau chasseur testé par une collègue d'Hanna Reitsch, car il avait pu constater d'après les photos d'Hanna publiées dans diverses revues, que les traits de " sa " femme-pilote étaient différents de ceux de la fameuse femme casse-cou de l'aviation hitlérienne. De plus, comme le mythe du V. 7 - appareil aérien à aile lenticulaire - commençait à circuler dans la presse de vulgarisation scientifique qui acceptait de débattre des " soucoupes volantes ", d'une part, et que des rumeurs persistantes faisaient état de revanchards nazis exilés en Amérique du Sud occupés à les construire, d'autre part, S. Théau resta ainsi ancré dans ses positions quant à la façon de traduire son étonnante rencontre. Il devait les maintenir à ce même niveau durant une quinzaine d'années.

 

Dialogue de sourds ?

Bien que S. Théau ne comprît pas un seul mot de ce que disait la femme-pilote, il eut la forte impression qu'elle comprenait ce qu'il lui disait en français. Une impression seulement, et non une certitude.

 

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Toutefois, comme elle se servait abondamment de ses mains lorsqu'elle parlait, il saisit aux gestes qu'elle faisait qu'elle lui demandait de continuer ce qu'elle avait commencé d'entreprendre, autrement dit : de dégager la partie ensevelie de l'appareil du sable qui, apparemment, semblait gêner son décollage. Notre homme, qui était conditionné à obéir aux ordres des Allemands sans chercher à discuter, obéit plus par discipline que par courtoisie et se mit activement à désensabler le " nouveau chasseur " comme il l'appela à l'époque. Au bout d'une dizaine de minutes, le travail fut terminé et le témoin se releva. La femme était maintenant tout sourire, détendue, satisfaite. Elle continuait à parler, mais S.Théau ne saisissait toujours strictement rien. La femme, d'ailleurs, s'en rendit compte et parut agacée. Finalement, elle montra le ciel d'une main, puis tapota deux ou trois fois sur sa poitrine de sa paume et en fit autant sur celle de notre homme. Elle plaça alors une de ses mains sur la boucle de sa ceinture comme si elle pesait dessus. Immédiatement, une ouverture rectangulaire se fit dans la partie inférieure de l'appareil. Cela se passa comme suit : un panneau se dessina dans la coque qui était absolument lisse auparavant , cet anneau recula de quelques centimètres à l'intérieur de l'objet puis se déplaça sur un côté comme s'il coulissait. La femme entra dans l'appareil après avoir fait signe à S. Théau de reculer. Puis, la " porte " sembla se refermer toute seule, dans un processus inverse à celui qui provoqua son apparition. La coque redevint aussi lisse qu'elle l'était avant le déclenchement de l'ouverture, ne laissant plus rien subsister de son existence.

 

L'envol du " nouveau chasseur "

A travers l'un des hublots qui étaient transparents (Il n'en connaît pas le nombre exact - quatre ou six d'après lui - car il eut l'occasion de ne voir l'objet que du même côté), S. Théau vit que l'intérieur était pratiquement vierge de tout appareillage. Il aperçut la femme qui se plaçait "à quatre pattes" au centre de l'appareil, ou plutôt en position allongée, comme celle d'un pilote de moto de compétition. Ce détail singulier est très important, j'y

reviendrai par la suite lorsque je présenterai deux autres éléments d'information qui viendront en annexe à mon rapport sur ce cas. Un léger ronronnement se fit entendre et les deux anneaux de l'engin - les bords, des " assiettes " - se mirent à tourner, dans le sens des aiguilles d'une montre pour la "couronne" inférieure, et dans le sens contraire pour la couronne supérieure, et ce de plus en plus vite. La ligne sombre qui les séparait devint lumineuse et la structure se mit à vibrer, puis l'engin commença à s'élever, d'abord lentement pour accélérer ensuite brusquement, s'éloigner vers le nord à une vitesse plus élevée que les avions de chasse allemands à l'époque et disparaître rapidement dans le lointain. A noter que l'objet se dirigea vers le nord et non l'ouest où se trouvait Peenemünde. S. Théau, bien qu'il touchât la coque de l'appareil à plusieurs reprises au cours du dégagement du sable, ne nota aucun effet physique ou physiologique sur sa personne dans les heures et les jours qui suivirent son aventure, ni le moindre " missing time " ou trou dans son emploi du temps.

Réactions du témoin

Convaincu d'avoir eu affaire à un " nouveau chasseur " nazi surpris au cours d'un atterrissage de fortune effectué lors d'un vol expérimental, S. Théau poursuivit son chemin assez impressionné mais décidé " à la boucler ". Le contexte dans lequel il vivait étant particulièrement défavorable, il jugea préférable de ne pas rapporter à qui que ce soit ce qu'il avait vu, pas même à ses camarades de camp, parmi lesquels ne l'oublions pas, il y avait des volontaires qui étaient loin d'avoir la confiance de ceux qui était là contre leur gré. En août 1943, S. Théau obtint une permission pour venir aux obsèques de son père. I1 profita de cette conjoncture pour entrer dans la clandestinité, car il ne voulait plus retourner â Clotenhafen (Gdynia), d'autant qu'il n'y avait plus de menace qui planait sur le sort de son père en cas de "désertion", puisqu'il était maintenant décédé.