Fondation Marcel et Monique Odier de Psycho-Physique

Adresse : 2modier@iprolink.ch


Conseil de Fondation

Marcel ODIER, Président
Monique ODIER
Louis PAUWELS
Antoine SUAREZ
Gabriel VERALDI, Secrétaire

Conseillers scientifiques

Pr. Rémy CHAUVIN
Professeur honoraire à la Sorbonne

Pr. Olivier COSTA de BEAUREGARD
Directeur de recherches au C.N.R.S. e.r.
 
Siège social:
Route de la Capite 77
1223 COLOGNY (Genève)

Adresse mail 2modier@iprolink.ch

 
 


Extraits des statuts de la Fondation

Article 3

But
La Fondation Marcel et Monique Odier de Psycho-physique a pour but:
L'étude méthodique et scientifique des relations entre:
a) la conscience et la matière et, d'une manière plus générale, entre le domaine de la psychologie humaine ou animale, et celui de la physique;
b) consciences et consciences hors des moyens de communication habituels;
c) la conscience et l'espace-temps;
- l'utilisation, à ces fins, de toutes méthodes notamment de celles utilisant l'électronique et l'informatique. La Fondation pourra collaborer et participer financièrement à des recherches entreprises par d'autres personnalités ou organismes scientifiques, à condition qu'elles cadrent avec son but et ses méthodes.
La publication de textes ou d'autres objets de communication relatifs à ces recherches.
...
 

Article 5

Ressources
Les ressources de la Fondation sont les suivantes:
- Le produit de la fortune;
- Les dons, legs et contributions de toute nature qu'elle peut recevoir, institution d'héritiers et tous autres actes faits à titre gratuit. Ces contributions, si elles sont importantes, pourront être liées à des programmes particuliers dans la mesure où ceux-ci seraient compatibles avec le but de la Fondation et considérés par le Conseil de Fondation comme éminemment variables du point de vue scientifique.
...
 

Article 10

Conseillers scientifiques
Le Conseil de Fondation désignera un ou plusieurs conseillers scientifiques à qui seront soumis pour un préavis les programmes importants qu'il envisage d'entreprendre ou de financer.
Les noms et qualités des conseillers scientifiques devront figurer dans les publications de la Fondation.
 


 

Fondation Odier de Psycho-physique

 

Psychokinèse animale et humaine

Influence directe de l'esprit sur la matière - ou sur le hasard?

La plupart des objections de principe faites à la recherche en parapsychologie tiennent à des a priori idéologiques plus qu'au respect scrupuleux de l'esprit scientifique. Cependant, certaines critiques sont fondées et enrichissantes. Ainsi, Henri Laborit justifiait, durant les années 1960, son refus de s'y intéresser activement par une observation en effet troublante: ces vingt-cinq dernières années, disait-il, toutes les sciences ont été profondément révisées et renouvelées; mais les parapsychologues se contentent de perfectionner dans le détail des recherches presque stagnantes; leurs domaines spécifiques, télépathie, psychokinèse, précognition, etc. n'ont pratiquement pas gagné de terrain depuis les années 1930; leurs hypothèses restent inchangées, malgré les immenses développements de la biologie et de la physique.

On pourrait répondre que cette critique vaut peut-être pour l'ensemble de la psychologie mais pas pour la parapsychologie. Les parapsycholognes ont tout autant progressé que les autres scientifiques, malgré les difficultés anonnales qu'ils rencontrent à être aidés ou seulement respectés. Mais surtout, nos investigations de frontière ne disposaient pas, avant l'apparition de l'informatique, des instruments indispensables à une recherche aussi complexe.

C'est le cas pour les travaux que nous avons entrepris à l'aide des Tychoscopes de Janin et de Tanguy. ils ne tombent pas sous l'objection d'Henri Laborit. ils sont nouveaux et ils emploient un appareillage original, à peine concevable à l'époque où s'exprimait l'éminent biologiste. En outre, le terme usuel de "parapsychologie" leur convient mal, ils ne portent pas sur des phénomènes marginaux et erratiquement reproductibles. Au contraire, ils conduisent à une réévaluation des fondations mêmes du comportement humain et animal. Bref, ils justifient pleinement leur caractère de "psycho-physique", définie comme la discipline tentant de replacer l'expérience psychologique dans le cadre de la physique contemporaine.

Le " hasard" est " déformable"

L'électronique a créé, entre tant d'autres, des appareils relativement simples qui fonctionnent au hasard et, en somme, produisent du hasard: les générateurs aléatoires. Ces dispositifs, couramment employés à des usages très divers, permettent de constater que la pensée humaine ou animale semble capable de "déformer le hasard".

Dès la fin des années 1960, le précurseur H. Schmidt construisait un générateur sortant au hasard autant de chiffres 1 que de chiffres 2. Mais si un sujet humain essayait d'influencer l'appareil par la pensée, celui-ci produisait davantage du chiffre choisi qu'il voulait voir apparaître le plus souvent possible. Les résultats de l'expérience étaient significativement différents du hasard pur, avec une probabilité de 1sur 10.000 (H. Schmidt, 1970).

Ce phénomène, inconcevable, scandaleux selon les postulats matérialistes classiques, a suscité l'invention d'un appareil nommé Tychoscope (du grec tukhê, et skopein, examiner). On peut dire en effet que celui-ci permet une observation exceptionnellement claire du hasard. Nous le décrirons sommairement, il s'agit d'un petit véhicule autopropulsé qui se déplace au hasard, dans toutes les directions. Un générateur aléatoire détermine les longueurs variables des déplacements en ligne droite et les angles des rotations. Livré à lui-même, le Tychoscope se déplace complètement au hasard. En délimitant une aire et en y adjoignant un système de marquage, on obtient un tracé des trajectoires.

Employant le Tychoscope construit par P. Janin (Janin, 1977), nous avons pu montrer (Peoc'h, thèse de doctorat, 1986) que l'homme et aussi l'animal, le poussin en l'espèce, sont effectivement capables de modifier le déplacement aléatoire de l'appareil. Les résultats statistiques sont très significatifs. En l'absence d'observateur humain ou animal, le Tychoscope traçait des trajectoires qui ne différaient pas du hasard (P>0,64). Lorsqu'un sujet humain souhaitait l'attirer vers lui, l'écart par rapport au déplacement aléatoire atteignait (P<0,001). Des milliers d'expériences réalisées avec des poussins (Peoc'h, 1986) donnèrent des chiffres encore plus spectaculaires (P<0,0001).

Le Tychoscope II de Tanguy

En 1993, nous avons entamé avec la Fondation de Psycho-physique un nouveau cycle d'expériences, en employant un Tychoscope également nouveau, construit par le Dr. Roger Tanguy. Ce robot de la deuxième génération, qui a fait l'objet d'une thèse de doctorat (Tanguy, 1987) et a réclamé plusieurs années d'élaboration, est sensiblement plus gros que le Tychoscope I de Janin. Il est télécommandé par ondes radio, à partir d'un ordinateur qui enregistre immédiatement tous ses déplacements, ce qui donne une grande facilité de contrôle et de calcul.

Dans nos expériences en cours, il circule pendant 20 minutes sur une surface rectangulaire (1,6 m. sur 1.0), par une succession de rotations aléatoires variant entre 0 et 359, et de trajets rectilignes de 0 à 200 mm.

Nous avons d'abord effectué 80 tracés témoins sans observateur dans la

pièce. On constate (Fig. IV ) que ceux où le robot a roulé surtout dans la

partie gauche de la surface sont pratiquement aussi nombreux que ceux où il a

roulé surtout dans la partie droite: 49,85 % et 50,15 %.

Nous avons ensuite procédé à deux séries d'expériences (A et B), où le sujet humain RP (moi-même!) souhaitait que le Tychoscope se déplace surtout vers la gauche (A), puis surtout vers la droite (B).

D'autre part, nous avons testé l'action possible de 80 groupes de 15 poussins en ajoutant une bougie au Tychoscope pour voir s'ils attirent la source lumineuse.

Avant de détailler ces expériences, nous voudrions souligner l'efficacité du Tychoscope II. L'analyse des trajectoires est fine et détaillée; l'analyse statistique facile et rapide. On peut recommencer les expériences à volonté et reprendre les données pour étudier des aspects qui n'auraient pas encore été examinés. Enfin, et ce n'est pas un moindre mérite dans des recherches souvent austères qui lassent les sujets, comme l'avait noté Rhine, un Tychoscope en mouvement est un spectacle "vivant".

La psychokinèse animale

L'intérêt d'une expérience tychoscopique utilisant des poussins n'est pas seulement que l'on peut réunir un bon nombre d'individus faciles à obtenir et à entretenir. Leur nature d'oiseau permet de leur appliquer une "empreinte" (imprinting) ou "imprégnation", comme l'a démontré le grand éthologiste, Nobel de biologie, Konrad Lorenz. En sortant de l'uf, de nombreuses espèces d'oisillons adoptent comme leur mère n'importe quel objet qui bouge près d'eux.

Nous avons donc conditionné des poussins à adopter le Tychoscope comme étant leur mère; c'est "l'imprégnation" . Les résultats de nos premiers essais, avec le Tychoscope I de Janin, ont prouvé que l'appareil s'approchait deux fois et demie plus d'une cage contenant des poussins conditionnés que lorsque la cage était vide. Mais ses déplacements restaient purement aléatoires lorsque les poussins n'étaient pas conditionnés à le prendre pour leur mère.

Il semble donc bien que l'effet sur le Tychoscope tienne au conditionnement des oisillons, et non à quelque mécanisme biologique commun.

Nous avons poursuivi cette expérimentation avec un Tychoscope II et 80 groupes de 15 poussins disposés dans une cage transparente. Cette fois, nous avons utilisés des poussins âgés de 1 à 7 jours, non conditionnés, non "imprégnés" comme dans la première série, mais laissés dans l'obscurité. Le robot porte une bougie, qui représente la seule source de lumière. Or, pendant la journée, les poussins n'aiment pas être dans le noir. Dès que la lumière est rétablie, ils cessent de piailler. Le but de l'expérience est d'observer si les poussins sont capables d'attirer vers eux le Tychoscope porteur de lumière. Il semble établi que les poussins ont "déformé" le hasard de manière à ce que le robot, avec sa bougie allumée, s'approche d'eux beaucoup plus souvent que le simple hasard ne le permettrait.

Nous avons effectué 80 expériences avec les groupes de 15 oisillons "imprégnés". Dans 57 de ces dernières, soit 71,25 %, le robot s'est déplacé en moyenne surtout vers les poussins, tandis que les expériences témoins, comme indiqué plus haut, se partageaient assez exactement en 50%/50%. Les différentes discriminations statistiques (chi2 = 8,32 ; P< 0,01) mettent en évidence cette influence directe d'un "psychisme animal" sur un appareil aléatoire (Fig. VI et VII).

La psychokinèse humaine

L'expérience effectuée avec le sujet humain RP a fourni des résultats plus complexes. Une première série A de 30 essais a nettement montré un déplacement vers la gauche, tel que le souhaitait l'observateur. Le pourcentage des rotations dans cette moitié de la surface fut de 65,99 %. Soit environ les deux tiers. La comparaison statistique entre la déviation vers la gauche sous influence humaine et la déviation purement aléatoire donne une différence significative de 2,88, avec une probabilité très faible (mois de 0,5%) que ce résultat ne soit dû qu'au hasard.

L'expérience B est d'un intérèt particulier, car elle révèle l'un des phénomènes curieux de la parapsychologie. Cette fois, le sujet RP souhaitait une déviation vers la droite. Or, le pourcentage des rotations à droite fut de 39,71 %, et de 60,29 à gauche pour 50 essais.

On voit ainsi que l'influence de l'observateur s'est manifestée, dans l'expérience B, par un écart significatif; mais dans un sens contraire au désir conscient de l'opérateur. il semble donc que le robot ait obéi à une action inconsciente et contrariante. Cette curieuse inversion est cependant moins déconcertante qu'elle ne le paraît au premier abord. Maints chercheurs, dont le Pr. Rbine, le père de la parapsychologie quantitative, ont signalé ce qu'ils nomment le. "psy missing": un comportement opposé à la volonté claire exprimée par le sujet. Le Pr. Robert G. Jahn et Madame Brenda J. Dunne, à l'université de Princeton, ont également noté des effets "inconscients " qu'ils ont dénommés signature d'un individu. La psychologie générale moderne a d'ailleurs bien identifié de telles "conduites d'échec", que l'expérience pratique et la littérature n'avaient pas ignoré.

La portée de ces expériences

Bien entendu, ces diverses expériences ont été "travaillées" avec toutes les variables que nous avons pu imaginer: moment de la journée ou de la nuit, intensité de la flamme, etc., car la psychologie des poussins n'est pas aussi constante que le croyait le béhaviorisme. Nous avons employé 1.200 individus de manière à obtenir un "effet de groupe" qui homogénéise la réponse globale. Par ailleurs, le groupe a un impact plus fort sur la "déformation" du hasard qu'un seul individu. Mais l'intérêt général de cette recherche est évidemment dans les questions fondamentales qu'elle soulève, sans apporter encore des éléments de réponse.

Le générateur aléatoire qui produit le hasard est une petite boîte indépendante du Tychoscope et reliée à lui seulement par ondes radio. Comment les poussins âgés d'une semaine peuvent-ils l'influencer? Il semble que, pour déformer le hasard, la pensée doit avoir un lieu et un mécanisme d'action. La volonté, cela paraît aller de soi, joue un rôle essentiel. Oui, mais le quelque chose qui agit sur le robot semble à l'occasion ne pas obéir à la volonté formulée du sujet. Sujet humain, s'entend, car que se passe-t-il chez l'animal? Et puis, nos concepts vagues de pensée, de volonté, d'action sont-ils satisfaisants pour traiter de si déconcertants phénomènes? La physique elle-même n'est pas d'un grand secours. il est bien évident que les valeurs numériques issues aléatoirement du générateur résultent de fluctuations dans l'agitation des électrons qui - l'expérience le montre - ont un caractère systématique en présence des poussins. Faut-il postuler une action énergétique? La physique quantique ne suggère-t-elle pas plutôt un transfert d'information avec une modification qualitative (entropie) mais non pas quantitative d'énergie? Ce transfert se réaliserait-il instantanément, en dehors du temps et de l'espace (hypothèse que soutient Marcel Odier)?

Une observation de notre ami le Dr. Antoine Suarez illustre la portée de ces spéculations théoriques sur ces phénomènes que nous savons produire, mesurer, mais aucunement expliquer. Est-ce que le fonctionnement de notre cerveau, dit-il, n'est pas tout aussi mystérieux? Même si l'on n'en parle plus beaucoup aujourd'hui, le "body mind problem" hérité de saint Thomas d'Aquin et de Descartes a défié d'innombrables chercheurs. Or, cette action visible autant qu'incompréhensible d'un psychisme de poussin sur un appareil électronique tangible pourrait éclairer cette sorte de chaînon manquant qui subsiste entre "l'esprit" et le "corps" dans chacun de nous. Cette connaissance est probablement indispensable à l'intelligence d'une réalité fondamentale, qu'un siècle d'hypothèses psychologiques a tenté en vain de résoudre: la motivation des êtres vivants.

Dr René Peoc'h

Tiré du Bulletin N 2 de la Fondation Marcel et Monique ODIER de PSYCHO-PHYSIQUE, pages 23 à 28

Bulletins parus :

- Bulletin N 1 Avril 1993

- Bulletin N 2 Juin 1994

- Bulletin N 3 Janvier 1997

- Bulletin N 4 Novembre 2002

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CH-1223 Cologny