N° 248/…..de la bibliographie CASAR
Extrait d l'ouvrage de Jean-Claude PANTEL
"Les visiteurs de l'espace temps" Jean-Claude PANTEL - Editions Ramuel 1997
225, rue des Princelles- 60 640 Villeselve
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Les textes ci-dessous ont été publiés avec l'aimable autorisation de Jean-Claude Pantel et de son editeur
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CHAPITRE XIII
Nous approchons de la fin avril, je m’apprête à partir pour Luchon où je dois traiter ma sinusite, le Docteur Marcantoni m’ayant prescrit une nouvelle cure thermale. J’ai toutefois le temps, avec Lucette, d’assister au mariage de Jacques Warnier. De son côté, Pierre Giorgi m’encourage à avouer à Jimmy Guieu l’existence de l’O.M. et à mettre Lucette au courant de toutes mes mésaventures. J’hésite encore, préférant remettre à plus tard ces confidences à caractère délicat. Luchon vivra trois semaines mouvementées durant mon séjour.
Vitres d'hôtels, pare-brise de voitures éclateront à maintes reprises nécessitant l’intervention des gendarmes
. Les brigades d’Auch, de Saint-Gaudens et de Toulouse se répartiront les rondes et les dépositions de témoins.
Je garderai pour souvenir majeur ce soir où, après de nouvelles manifestations relativement violentes, les gendarmes, en grand nombre, crurent bon de se faire assister par des chiens de dressage : d’énormes bergers allemands réputés pour leur odorat infaillible.
Le pare-brise d’un de leurs véhicules s’étant désagrégé après réception d’une grosse pierre,
l’un des représentants de l'ordre, imité d’ailleurs par ses collègues, fit renifler aux trois ou quatre chiens spécialisés le projectile. Si la majorité des bêtes demeura figée après avoir flairé l’objet, la plus imposante d’entre elles, par la taille, se précipita sans hésiter dans une direction précise pouvant laisser imaginer en cela qu’elle avait décelé une piste. Lui donnant de la longe, son maître se mit à lui courir derrière, les autres gendarmes ainsi que les témoins, relativement nombreux, participant à la battue, firent de même. Davantage par curiosité que par conviction, je pris part à la poursuite qui s’acheva de la façon la plus cocasse qui soit, le chien freinant brutalement, marquant l’arrêt pour soulager un besoin pressant contre un buisson avant de s’asseoir bien sagement au pied de son maître I
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Alors que je rentre de Toulon,
je trouve ma porte de la rue Raoul Busquet léchée par de longues flammes bleues? Flammes qui se porteront sur un disque de Joe Dassin : " Aux Champs-Elysées "
puis qui disparaîtront sans laisser de traces sur la porte. Le disque quant à lui conservera un léger gondolage consécutif à la chaleur. Là encore, comment localiser le lieu et la date de l’éventuel incendie ? Nous ferons Ie rapprochement avec l’immense brasier qui réduira en cendres le " Drugstore des Champs-Élysées " quelques deux ou trois jours après... Mais sans jamais avoir une confirmation de la chose d’une manière ou d’une, autre.
Ie début 1973 nous voit, Iucette et moi, nous démener avec les formalités inhérentes à notre prochaine union qui sera
officialisée le 26 avril prochain.Une fois dans la salle d’attente du Docteur Marcantoni chez lequel nous nous sommes rendus pour procéder aux examens prénuptiaux. Le médecin, auquel j’avais présenté Jimmy Guieu,
ne s’émouvant pas outre mesure de l’arrivée dans son cabinet de quelques; billes d’acier,
prévenu qu’il était par l’écrivain et surtout possédant un esprit ouvert à l’irrationnel sous toutes ses formes.
Peu de temps avant notre mariage, Jimmy Guieu, à la suite des manifestations qui se produisirent dans son immeuble, nous invita, Lucette et moi, à participer à une émission des actualités télévisées régionales et à une autre émission plus spécifique, animée par Jean-Pierre Cuny sur Télé Monte-Carlo.
Tout ceci étant de nature à me permettre de m’exprimer et de clarifier ce que d'accueils, sous couvert de la " rumeur ", ne manquaient pas de transformer en des propos ineptes, propices à nous faire passer pour Dieu sait quelles victimes des effets de la drogue ! Le 26 avril, la Mairie de Marseille enregistra le mariage civil de Lucette Auzié et de Jean-Claude Pantel ; deux jours plus tard, le Père Vigneron, dans la superbe église du Sacré-Cœur, sise sur les allées du Prado où tant de projectiles m’avaient escorté, mit sous l’aile protectrice du Créateur un couple de plus.
Tout au long du sacrement, derrière l’autel où le prêtre officiait, une dame du troisième âge filma la cérémonie. Chacun, dans la nombreuse assistance, considérant que cette personne faisait partie de l’une ou l’autre famille des mariés, nous ne nous aperçûmes que longtemps après que ce personnage, fort souriant au demeurant, ne possédait pas d’accointances avec les
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Nous prenons soin de rentrer le plus tard possible, après minuit, à notre domicile, essayant, par ce moyen, de minimiser les nuisances que notre proche voisinage de la rue Raoul Busquet subit pourtant, n’étant pas en arrêt de travail en permanence, nous avons besoin de sommeil et il arrive que nous précédions les douze coups de minuit pour retrouver ce qui devrait être notre havre de paix et qui se trouve être l'œil du cyclone. Une de ces nuits va faire aboutir la demande d’expulsion de l’immeuble dont nous avons fait l’objet, en voici un bref résumé. Lucette couchant chez notre amie Noëlle Gardonne, Paul Miguel s’est porté volontaire pour dormir, ou du moins attendre le petit jour à mes côtés. Les trois coups ont été donnés, l’obscurité la plus totale baigne la pièce ; durant quelques minutes nous avons le loisir d’entendre le souffle ô combien accéléré de notre respiration. Et puis la petite armoire où une partie de notre linge est entreposée (la quasi totalité de nos vêtements se trouvant au Méditerranée, chez Monsieur et Madame Auzié), se met à tressauter et à heurter le lit en en faisant le tour. De son côté, le chauffage d’appoint a déserté son angle et roule dans tous les sens ; un bruit de tôle et un grincement sinistre scandent son évolution. Un craquement que l’on apparente à un objet en bois vient dominer ce concert insolite, provoquant, semble-t-il, un souffle qui n’a rien à envier à une ‘rafale de mistral nu de tramontane. Soudain l’armoire monte sur le lit et répond son contenu sur sol, tandis qu'elle me happe et me tient prisonnier quelques instants. Je m’en dégage, où plutôt " on " m’en libère, alors que je suis en proie à un tremblement général. Paul exprime dans un sanglot le désir que tout s’arrête, je ne lui suis d’aucun secours malgré l’expérience qui peut être mienne car plus que le déplacement des objets eux-mêmes, c’est la densité de la nuit, je le répète, qui est paralysante et conditionne toutes nos réactions. Ceci n’a aucune commune mesure avec la ‘ nuit passée à Villeurbanne avec Gil où la pénombre ambiante permettait de visualiser tout ce qui se passait. Là, rien : ainsi ce bruit de verre brisé, précédant un gargouillement émanant du cabinet de toilette, ne révélèrent leur origine qu’après la fin des hostilités quand nous eûmes repris nos esprits. Car il nous fallut un bon moment pour nous ressaisir ,suite au cri d'outre tombe qui paracheva le tout.
Ce cri terrifiant, ajouté à l’odeur âcre enveloppant la pièce qui dissipa ses effluves dans tout l’immeuble,
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incita des voisins à alerter les parents de Lucette qu’i1s connaissaient, du fait que ces derniers avaient habité l’immeuble juste avant de s’installer au Méditerranée. Ainsi, vers six heures trente, alors que la fatigue et l’émotion nous avaient fait sombrer dans un sommeil profond, Paul et moi fûmes réveillés en fanfare par Monsieur Auzié, vociférant à la tête d’un groupe de policiers et de voisins avides d’en savoir plus.
Tout ce petit monde avait pénétré sans mal dans l’appartement, étant donné que la porte d’entrée s’était arrachée
, sans doute à l’instant où nous avions perçu le fameux craquement et le courant d’air !
Détail terrible : la porte avait disparu, s’étant arrachée de ses gonds sans son verrou qui était demeuré tiré, le pêne dans sa gâche
!
Pour le reste, après avoir ouvert les volets, nous ne pûmes que constater, en détails, ce que nous avions entrevu quelques heures auparavant avant de céder à l’épuisement : l’armoire posée à l’envers sur le sol, le chauffage d’appoint couché sous le lavabo, la glace murale pendant en plusieurs morceaux du mur et tenant par on ne sait quel miracle, tandis que du bidet suintait
encore de l’encre bleue dont on pouvait suivre la traînée et les flaques sur le parquet jusque sur le lit
.
Les draps et le couvre-lit avaient absorbé la quasi intégralité du liquide, le reste maculait l’un des murs ainsi que le pauvre Paul. II était aisé, à présent, de situer le gargouillis et bien entendu l’âcreté de l’air que nous respirions .Je me refuse à passer sous silence la raison qui avait réellement poussé les voisins à prendre la délicieuse initiative de téléphoner à la famille Auzié : j’étais censé avoir assassiné la pauvre Lucette, celle-ci poussant un cri avant de rendre l’âme ! Ceux et celles ayant eu le rare privilège d’entendre ce hurlement, par la suite souriront à cette interprétation de la chose. Sans compter que ce coup de téléphone, procédant à ce qu’il convient d’appeler de l’assistance à personne en danger, n'intervint que trois bonnes heures après le cri inhumain ayant ponctué, je cite : le tapage nocturne consécutif à la discussion orageuse d’un couple l...Hélas, la bêtise humaine est grande dévoreuse d’amour et cet appétit féroce qu’on lui reconnaît durant l’enfance a une incidence de toute autre envergure quand elle s’exprime à l’âge adulte : elle ronge l’homme individuellement, " familialement", en chaque nationalité de Sociétés en Civilisations.
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Les schismes et les guerres prennent leur source en ce trait de caractère de l’homme et, bien que la suite de cette histoire relativise la responsabilité de notre Espèce, en la matière, en Iui apportant des circonstances atténuantes, je me dois de le déplorer. En attendant, les médisances de notre voisinage aboutiront à faire de nous des drogués en manque, des alcooliques invétérés, ou encore des suppôts de Satan célébrant leur culte dans la violence !Cette tournure prise par les événements (il a été demandé au parrain de Lucette de pourvoir à notre départ, avis d’expulsion à l’appui) va nous dissocier de certains, pour nous rapprocher d’autres qui ne vont pas ménager leur peine pour nous aider. Ainsi, s’il est quelqu’un que l’on ne puisse taxer de pusillanimité, c’est bien Jimmy Guieu qui va remuer ciel et terre dans le but de nous constituer un environnement propice à assumer ce genre de phénomènes
.
Alors que les baies vitrées du Méditerranée (Situé 60, Avenue de Toulon à Marseille) sous l’impact de billes d’acier de divers calibres ,offrent au constat des experts et au regard des curieux d’étranges cratères sur toute leur surface, Jimmy fait venir des huissiers et des officiers de police pour établir des rapports écrits de leurs conclusions. Il invite des témoins par dizaines à se rendre à des réunions où se produisent les phénomènes, des fonctionnaires assermentés
comme des ésotéristes. C’est lors de ces " soirées " que nous débutons dans un restaurant du Prado et que nous poursuivons chez André Dellova, dans son appartement du huitième étage de la Marine Bleue, dans le quartier de Saint-Gabriel, que nous rencontrerons notamment Alain Russo, alias Le Kern, René Chevallier qui est cadreur professionnel à l’O.R.T.F et son accessoiriste Lucien, Joël Ory, à l’époque Directeur Régional des Assurances Ie Monde, Myriam, une médium, ainsi que Pierre-Jean Vuillemin Directeur d’une Agence de Voyages qui se propose, en dernier recours, de m’offrir un aller-retour en Turquie, de façon à procéder à un " désenvoûtement " par l’entremise d’une dénommée Sarah. Pierre-Jean Vuillemin considère, en effet, que je suis en quelque sorte... "possédé ", ne sachant rien des " contacts " que j’ai pu avoir : Jimmy Guieu ayant respecté 1e silence que je lui avais demandé d’observer à ce sujet. Par l’intermédiaire d’une agence, nous avons trouvé un petit appartement au numéro 26 de la rue Pierre Laurent, juste à côté de l’hôpital Michel Lévy où, quelques mois auparavant, j’avais accédé à la demande du Professeur Serratrice en me rendant à des séances dites interprétatives des phénomènes que je subissais.
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De leur côté, Monsieur et Madame Auzié ont cru bon de se rendre à Toulon pour aviser mes parents de ce que j’avais su taire durant six ans. Cette démarche jettera un froid dans les familles et, de notre côté, nous nous dissocierons de nos parents respectifs, ne les voyant que très épisodiquement en attendant que le calme revienne. Mais ce sont là les prémices de tout ce
qui va advenir, de tout ce qui va exacerber l’incommunicabilité, faisant de nous des " parias ", sans qu’il faille nourrir de ressentiment à l’encontre de nos rédempteurs. En outre, sachant bien aujourd’hui que le hasard n’existe pas, il faut convenir que cette mise à l’écart avait sa raison d’être, dans le cadre de ce qui avait été concerté depuis, sans doute, un certain jour de la fin juin 1948... Mais que ce petit aparté ne nous éloigne pas de notre narration chronologique des faits.
Alors que les vitres du 26 rue Pierre Laurent s’ornent à leur tour de cratères semblables à ceux qui avaient défrayé la chronique au Méditerranée, suite aux billes d’acier qui satellisent nos personnes
,
Jimmy Guieu multiplie les réunions nocturnes où il sollicite les " bonnes " et les " mauvaises " volontés à venir assister, deux à trois fois par semaine, au déroulement des opérations.
C’est ainsi qu’il a même demandé à l'Evêché de Marseille un prêtre exorciste
, comme il en existe dans chaque diocèse. L'Eglise faute d’accéder à cette requête susceptible de lui valoir une image publicitaire de mauvais aloi, nous a néanmoins délégué l’Abbé Roure qui, en plus de sa profession de foi, est également détenteur d’un diplôme d’ingénieur en architecture.Au terme d’une soirée particulièrement mouvementée, le Père Roure se contentera, en nous quittant, de me serrer chaleureusement la main en me promettant de prier pour nous.
Sentiment d’impuissance T... Je pencherais davantage pour un conditionnement extérieur vouant la volonté humaine à un rang secondaire quant aux initiatives à prendre. La police nous octroiera la présence du Chef de ses, laboratoires scientifiques : le médecin-colonel Tirou lui ne pourra qu’apporter son témoignage, sans se laisser aller à plus d’explications. Bien sûr, assister à plusieurs reprises â la sortie de ses gonds d'une porte, à l'envol d'une bouteille familiale de jus de fruit, brisant la vitre et retrouvée huit étages plus bas intacte!.
Marcel Voulon fut aspergé d'encre rouge dans le dos, sur sa veste pendant que son costume se lacerait tout seul de l'intérieur sans que personne n'y touche.
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complément d'information sur les faits observés au 26, rue Pierre Laurent
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Le 12 Juillet 1973 un attroupement des plus bruyants se fait devant la porte d'entrée du 26, rue Pierre Laurent (Marseille).La cause en est le nombre impressionnant de demie sphères découpées dans les deux battants de la baie vitrée qui plus que jamais ,ressemble à un gigantesque morceau de gruyère transparent !.
Défileront tour à tour les membres du syndic de l'immeuble, la police en civile et en uniforme et les responsables médicaux des services hospitaliers de Michel Levy dont les salles de soins donnent sur la rue qui sert de cadre à ces étranges manifestations.
Dans un souci de rationalisation, ces faits seront attribués à de possibles jets de projectiles a effet boomerang émanant du service psychiatrique de l'hôpital Michel Levy. Heureux les simples d'esprit.
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Le mardi 10 juillet 1973 au matin, suite aux bruits (ragots serait plus approprié) colportés dans le quartier: de la rue Raoul Busquet au Méditerrannée, la rumeur ayant même gagné la rue Pierre Laurent TOUJOURS EU EGARD AUX INEXPLICABLES CRATERES CREUSANT LES BAIES VITREE, le promoteur , a qui nous avions réservé notre futur appartement nous a convoqué. Sans doute conforté dans sa conviction quant à notre responsabilité, ou plus exactement ma responsabilité dans le déroulement de ces étranges phénomènes par le père de Lucette: autant pour le prestige de sa société que pour la sécurité de ses futurs copropriétaires, il nous avise de son refus de nous vendre l'appartement que nous avions choisi dans son nouvel immeuble.