Fantôme électronique...

Nous choisirons un autre exemple pour illustrer l'interaction entre le paranormal et notre ère technologique.

En septembre 1954, à Indianapolis (USA), Lincoln T. Mackay, ingénieur en chef d'une fabrique de machines à calculer, s'apprêtait, en compagnie de sa famille, à suivre un programme à la télévision. Mais lorsqu'il alluma son récepteur, à la place du programme attendu, se forma lentement sur l'écran une sorte de brouillard mouvant qui, insensiblement, précisa ses contours : l'on distingua peu à peu un lit sur lequel un homme âgé était étendu, les yeux clos et les mains jointes sur l'abdomen.

Déconcertés, Lincotn Mackay, sa femme et leurs deux filles, âgées de vingt et un et vingt-trois ans, se demandèrent à quoi rimait cette image insolite et statique. Ils coupèrent le contact, patientèrent un moment puis le rétablirent en changeant cette fois de chaîne... Et l'image revint, plus nette mais toujours identique : celle d'un homme étendu sur son lit de mort. Mme Mackay poussa alors un cri de terreur, se leva brusquement, chancela et s'évanouit : elle avait reconnu l'image distincte de son propre père, décédé six mois plus tôt. À leur tour, Mackay et ses filles reconnurent formellement la dépouille du défunt... dont le " fantôme électronique " persistait sur l'écran de télévision.

La formation scientifique de Lincoln Mackay, son esprit rationnel, le parfait équilibre physique et mental tant de sa femme que de ses filles, éliminent d’autorité l'hypothèse d'une hallucination collective. Indiscutablement, il s'agissait bien de la dépouille mortelle de George Shuts, père de Mme Mackay, enterré depuis six mois. Cela éliminait également l'hypothèse d'une macabre fantaisie publicitaire de quelque embaumeur ou agent des pompes funèbres. L'on peut par ailleurs affirmer qu'il n'y a pas eu hallucination collective pour l'excellente raison que de nombreuses photographies ont été prises du phénomène. Et ce dans les circonstances suivantes qui éliminent toute idée de fraude.

Le " fantôme électronique " se manifesta à trois reprises en une semaine. La première fois, il fut visible pendant une heure dix minutes consécutives ; la deuxième, pendant plus de cinquante minutes et la troisième durant trente-cinq minutes. Peu après avoir constaté l'apparition de l'image funèbre sur leur écran, les Mackay, bouleversés, appelèrent la police. Un inspecteur et deux policemen se présentèrent chez eux et, sidérés, ils durent à leur tour se rendre à l'évidence : l'image d'un cadavre allongé sur un lit se substituait inexplicablement au spectacle ordinaire tel qu'il se déroulait sur les autres téléviseurs fonctionnant au même instant dans le même immeuble.Déconcertés, les policiers alertèrent un technicien, spécialiste de l'électronique qui, non seulement constata lui aussi le phénomène mais, après examen de l'appareil, le déclara en parfait état de fonctionnement. L'hypothèse d'un habile trucage devait être résolument exclue. Le lendemain, même vision macabre : le " fantôme " hantait encore l'écran !

Le surlendemain sur l'insistance de sa femme, Lincoln Mackay ne toucha pas au téléviseur qui fut recouvert d'un voile noir. Mais quarante-huit heures plus tard et malgré une appréhension fort compréhensible, M. Mackay remit le contact. Aussitôt, une nuée blanchâtre se forma et, progressivement,1'image du cadavre reparut. Cette fois encore, la police et l'ingénieur revinrent constater le phénomène et le photographièrent. De son côté, un envoyé du laboratoire municipal prit, lui aussi, des clichés de l'apparition. Naturellement, personne n'avait rêvé. Tous les clichés, très nets, montraient irréfutablement un cadavre allongé sur un lit ; le cadavre de M. George Shuts, père de Mme Mackay, qui s'était éteint six mois auparavant.